Procès putsch manqué : L’homme qui est prêt à se sacrifier pour le général se défend

Poursuivit pour incitation à la commission d’attentat à la sûreté de l’Etat dans le cadre du dossier du putsch manqué, le sociologue malien de formation, Sidi Lamine Omar était à la barre le mardi 30 octobre 2018. Celui qui était prêt à donner sa vie pour le général Gilbert Diendéré regrette ses propos tout en qualifiant de faux de nombreuses écoutes qui l’accablent.

Né en 1987, le sociologue malien, Sidi Lamine Omar qui était prêt à donner sa vie pour le général Gilbert Diendéré était à la barre ce mardi 30 octobre 2018. Poursuivit pour incitation à la commission d’attentat à la sûreté de l’Etat dans le cadre du dossier du putsch manqué, il a plaidé non coupable. Pour sa défense, il raconte qu’il revenait d’un soir de la mosquée quand il a été interpellé par des policiers et des gendarmes en civil pour être conduit à la gendarmerie de Sig-Noghin. Il faut dire que cette interpellation ne se fera pas en douceur si on veut croire l’accusé qui accuse les gendarmes et policiers en civil qui l’ont interpellé de l’avoir brutalisé. Après 48heures de garde à vue, un enquêteur du nom d’Adolphe Dianda, l’aurait conduit à la gendarmerie de Paspanga pour le placer en garde à vue. Il faut croire que le calvaire du prévenu a continué durant sa garde à vue car, durant les 48 heures qu’il a passées dans sa cellule, il n’a rien mangé ; et pour se soulager, il urinait dans des sachets de 25 francs CFA a confié le malien. Face à cette situation, il indique avoir eu des envies de suicide mais ne l’a pas fait pour la simple raison que sa religion le lui interdit. De là, le lundi, il aurait été conduit devant le procureur où après avoir rencontré un certain Frédéric, il aurait ‘’ pleuré les larmes de sa vie’’. L’inculpé ne se reconnaît ni dans le Procès-Verbal de la gendarmerie, ni dans les propos à lui attribués dans des écoutes téléphoniques. « Il y a trop de faux dans ce dossier » a-t-il soutenu. Il changera d’avis pour ce qui est du PV du juge d’instruction : « Je ne reconnais que le PV du Juge d’instruction »
Pour ce qui est de ses liens avec les deux généraux poursuivis dans le dossier présent, le prévenu qui est membre de la Coordination des mouvements de l’AZAWAD (CMA) dit avoir connu le général Gilbert Diendéré dans le cadre du processus de médiation de l’accord inter-malien. En ce qui concerne l’ex-chef d’Etat major de la gendarmerie, le général Djibril Bassolé, il confie l’avoir connu à la Maison d’arrêt et de correction de l’armée (MACA). Des différents passages de ces PV d’interrogations au fond, Sidi Lamine Omar reconnait avoir tenu des propos téléphoniques avec le général : « si vos hommes sont fidèles, il ne faut pas déposer les armes, je suis convaincu que Dieu va vous aider, je peux vous envoyer cinq à six hommes pour vous soutenir, je suis prêt à mourir avec vous général … » ; appel qu’il dit regretter car n’imaginant pas qu’il lui porterait préjudice au point de le conduire devant cette barre.

Le mémoire déposé par les avocats de l’accusé

Il faut rappeler que l’audience de ce mardi 30 octobre a débuté avec les débats entre les différentes parties autour d’un mémoire déposé par les conseils du sociologue Sidi Lamine Omar. Dans ce mémoire, les avocats demandent à la Chambre de première instance du Tribunal militaire de se déclarer incompétente à juger leur client. Pour faire cette demande, ils ont soulevé une nullité de citation à comparaître de leur client. Pour eux, les textes indiquent que le mis en cause pourrait être jugé pour « complicité de » et non « incitation à ». Le parquet ne partageant pas leur avis a invité le président du tribunal, Seydou Ouédraogo a déclaré irrecevable la requête de la défense. Pour le procureur militaire, ladite demande est une manière de parasiter la procédure. Le parquet militaire aura le soutien de la partie civile en l’occurrence, Me Guy Hervé Kam qui comme le procureur militaire va soutenir que la requête déposée par la défense est irrecevable avant d’ajouter que le tribunal est bel est bien compétent pour juger Sidi Lamine Omar. Après quelques heures de débats entre le parquet, la défense et la partie civile, le président du Tribunal qui a la police de l’audience va trancher en défaveur de la défense. Cette décision rendue, l’interrogatoire de l’accusé malien qui a rappelé qu’il n’est pas Touarègue, mais Arabe a pu débuter. Il se poursuit ce matin.

Thierry AGBODJAN

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