Atteintes aux libertés syndicales au Burkina : L’U.A.S indexe le code du travail, le patronat et le gouvernement

Dans le cadre de la commémoration du soulèvement populaire du 3 janvier 1966, l’Union de l’Action Syndicale (UAS) a organisé une conférence publique à la Bourse du travail. Au cours de cette rencontre, la structure syndicale a mis à nue les atteintes à la liberté syndicale au pays des hommes intègres. Pour Olivier Guy Ouédraogo, Secrétaire général de la Confédération syndicale burkinabè (CSB), deuxième panéliste à cette rencontre, la liberté syndicale a été mise à rude épreuve par trois facteurs principaux que sont le code du travail, le patronat et les gouvernements successifs à la tête de l’État.

Un code du travail qui ne fait pas de cadeau à l’engagement syndical

Le code du travail contient selon le paneliste des clauses liberticides contre la liberté syndicale notamment la réduction de la représentativité syndicale dans les entreprises, les contrats à durée déterminée renouvelables à souhait, le plafonnement des dommages et intérêts dus aux travailleurs. Pour le SG de la CSB, toutes ces mesures sont dictées par des lois libérales de l’économie de marché et n’a aucun autre objectif que l’atteinte aux libertés syndicales.

…. et le gouvernement d’enfoncer le clou

Olivier Guy Ouédraogo continue en affirmant que le gouvernement n’est pas en reste dans cette atteinte aux droits des syndicats. Ce dernier prendrait souvent une fausse position face à certains comportements liberticides du patronat notamment le délit d’exécution des décisions de justice.

que dire d’un patronat qui a toujours été contre la liberté syndicale ?

Quant au patronat, le panéliste pense que ce dernier est connu comme étant toujours contre la liberté syndicale qui se manifeste sous forme de menaces, des intimidations des licenciements et autres pratiques nocives à dissuader les travailleurs d’adhérer aux syndicats et ainsi de jouir de la liberté syndicale.

…quid des syndicats entre eux-mêmes ?

Au cours de cette conférence, le SG de la CSB s’est appesanti aussi sur le fait qu’il y a aussi certains syndicats qui empiètent la liberté syndicale et qui nient le principe selon lequel « La liberté d’autrui s’arrête là où commence celle des autres », et que cette situation donne l’occasion aux pouvoirs publics de restreindre la liberté syndicale. « Quand des syndicats s’attaquent à d’autres syndicats ou à des travailleurs pour leurs opinions, il n’existe pas d’actes plus liberticides que cela », a-t-il martelé.

… enfin « quand les populations ne comprennent pas grande chose au mouvement syndical »

Le paneliste dira qu’il y a aussi les pratiques de la population contre les libertés syndicales. « Les syndicats devraient mener leurs combats en l’inscrivant dans l’intérêt supérieur de leurs peuples. Oublier cela, pourrait emmener le peuple instrumentalisé ou pas, à se dresser contre la liberté syndicale », soutient-il dans ce sens avant d’ajouter qu’au Burkina Faso certaines populations qui n’avaient pas compris grande chose du mouvement syndical ont demandé le départ des structures de leurs villages y compris de leurs départements.

Citant un pasteur dans son développement le syndicaliste Olivier Guy Ouédraogo dira, que « Le problème de la liberté est qu’elle est intimement liée à la pensée humaine restreindre la liberté c’est emmener l’individu à ne plus penser et de ce fait il trouvera d’autres moyens plus violents pour s’exprimer ».

« Maurice Yaméogo, en s’attaquant à la liberté syndicale dès 1963 par de décrets de création d’un syndicat unique et par l’emprisonnement de dirigeants syndicaux qui a fini par provoquer le soulèvement populaire du 3 janvier 1966, s’est attaqué en dernier ressort aux intérêts intellectuels des travailleurs. Je dirai que la liberté pour l’homme est fondamentale et surtout pour le mouvement syndical. Nous devons la préserver et l’enrichir par une lutte permanente pour l’encrage de la démocratie gage de la liberté et pour des options équitables qui privilégient l’intérêt supérieur de notre nation. Si tel n’était pas le cas, il faudrait s’attendre à des actions violentes qui remettraient en cause la liberté syndicale et même parfois l’existence de notre nation », a-t-il conclu.

Bessy François SENI

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