Conseil des droits de l’Homme de l’ONU : l’élection du Burkina, une « victoire de la diplomatie »

L’Assemblée générale de l’ONU a, au cours de sa 73e session, le 12 octobre 2018, procédé à l’élection de 18 membres du Conseil des droits de l’Homme. Ceux-ci siégeront aux côtés de 29 autres Etats pour une durée de trois ans, à compter du 1er janvier 2019. Le Burkina a été élu membre pour un troisième mandat.

Le vendredi, 26 octobre 2018 à Ouagadougou, le ministre des Affaires étrangères et de la Coopération, Alpha Barry, a, au cours d’une cérémonie aux allures de point de presse, présenté ce mandat et félicité les acteurs qui ont œuvré à cette élection. C’était en présence du ministre de la Justice, des Droits humains et de la Protection civique, Garde des sceaux, et de l’ambassadeur en chef auprès de la Mission permanente des Nations unies.

En plus du Burkina, 17 autres pays ont été élus au Conseil des droits de l’Homme : Argentine, Autriche, Bahamas, Bahreïn, Bangladesh, Bulgarie, Cameroun, Danemark, Érythrée, Fidji, Inde, Italie, Philippines, République tchèque, Somalie, Togo et Uruguay. Le Burkina a été élu troisième, parmi les 18 candidats, avec 183 voix, derrière l’Inde (188 voix) et les Îles Fiji (187 voix).

C’est la troisième fois que le Burkina est élu (il avait été élu en 2008 et 2011). Cette élection, dont le mandat court de la période 2019-2021, est qualifiée de « victoire diplomatique ». La cérémonie de ce vendredi, qui s’est déroulée au cabinet du département de la diplomatie burkinabè, s’est donc voulue un cadre pour féliciter les acteurs qui ont œuvré à cette élection.

A en croire Alpha Barry, avec cette élection, le Burkina est appelé à évaluer d’autres pays en matière des droits de l’Homme. « Tout cela est à l’avantage de notre pays, d’autant qu’à partir de ce moment, le Burkina se retrouve dans la position où d’autres pays viennent vous voir comment les choses peuvent se présenter, ce qui peut être mis en faveur d’un pays.
En termes de coopération donc, beaucoup de choses peuvent se mettre en place. C’est ce travail sous-jacent qui est important pour le renforcement de notre coopération avec de nombreux pays à travers le monde », met-il en exergue.

Pour Éric Tiaré, cette élection est le fruit d’un travail d’équipe qui a consisté à faire d’abord endosser la candidature au niveau de l’Union africaine avant l’élection à New-York et la prise du relais par l’équipe de Genève en Suisse (pays qui abrite le Conseil des droits de l’Homme). Il note que cette élection est non seulement un « honneur » pour le Burkina, mais aussi une preuve que le pays compte sur la scène internationale.

Quant au ministre de la Justice, des Droits humains et de la Protection civique, Garde des sceaux, René Bagoro, il a confié que cette élection a été subordonnée à des engagements, dont l’opérationnalisation du Conseil national des droits humains. Pour lui donc, cette élection implique également que la situation des droits de l’Homme au Burkina est appréciée par la communauté internationale.

Selon le ministre Bagoro, aujourd’hui, contrairement au passé où il était « politisé », le Conseil des droits de l’Homme est beaucoup plus un travail « technique ». ‘’Donc, quand vous êtes élus à ce niveau, c’est qu’il y a un minimum de confiance qu’on vous fait sur le respect des droits humains.
Cela dénote que la situation des droits humains au Burkina Faso est positivement appréciée’’, motive-t-il en substance, avant d’ajouter que le travail pour le Burkina ne fait que commencer. Et pour se donner les chances de son efficacité au cours de ce mandat, le ministre Alpha Barry a annoncé que le Burkina y enverra un conseiller juridique pour renforcer l’équipe.

Créé en 2006, le Conseil des droits de l’Homme des Nations unies a pour mission de promouvoir et de protéger les droits humains à travers le monde. Il est donc l’organe inter-gouvernemental principal des Nations unies sur toutes les questions relatives aux droits de l’Homme.

En juin 2018, les Etats-Unis ont annoncé leur retrait de l’organe, en l’accusant d’« hypocrisie », notamment à l’égard d’Israël.

« Pendant trop longtemps, le Conseil des droits de l’Homme a protégé les auteurs de violations des droits de l’homme et a été un cloaque de partis pris politiques », a chargé Washington via son ambassadrice auprès de l’ONU, Nikki Haley.

Lefaso.net

Crédit photos : Direction de la communication du ministère des Affaires étrangères et de la Coopération

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