Les professionnels de sexe aux défenseurs des droits humains : « Si nous partons en grève seulement 72 heures, même les hommes seront violés »

La Coalition burkinabè des défenseurs des droits humains (CBDDH) a convié les Hommes de médias à un point de presse le mercredi 22 mai 2019. Elle a présenté le bilan de la campagne de renforcement de la protection des défenseurs des droits humains les plus vulnérables qu’elle a entreprise il y a une année. Le bilan montre combien les défenseurs des droits humains sont vulnérables.

Présenté le bilan de la campagne de renforcement de la protection des défenseurs des droits humains les plus vulnérables lancée il y a une année de cela, c’est ce qui a motivé le point de presse animé par la Coalition burkinabè des défenseurs des droits humains (CBDDH) le mercredi 22 mai 2019.

Comme l’indique la coordinatrice nationale de la CBDDH, Florence Ouattara, le programme avait pour cibles des défenseurs des droits humains dans les domaines suivants : travailleuses domestiques ; femmes vivant avec un handicap ; femmes défenseurs des droits humains ; travailleuses de sexes ; LGBT ; industries extractives ; gouvernance, démocratie et élections ; femmes journalistes.

La conclusion faite par la coalition à la fin de la campagne qu’elle a menée est que ces associations qui se battent pour la défense des droits des personnes concernées sont vulnérables et aussi qu’elles ne sont pas protégées. Prenant en exemple les travailleuses de sexe, Florence Ouattara confie que ces femmes n’ont pas de réparation quand leurs droits sont violés, elles n’ont pas droit à la parole, et ce malgré l’existence de la loi, car elles ne sont pas suffisamment outillées.

Il faut dire que malgré les difficultés auxquelles elles sont confrontées, les professionnelles de sexe sont fières d’elles et estiment qu’elles jouent un rôle crucial dans l’équilibre de la société. Ces propos tenus : « si on sonne le rassemblement et on grève seulement 72 heures, même les hommes seront violés », et rapportés par la coordonnatrice nationale est une illustration.

Parlant des homosexuels, tout en rappelant qu’elle ne défend pas l’homosexualité ou le statu de l’homosexuel, la coordonnatrice confie que ces hommes et femmes qui se sont regroupés au sein des associations, n’ont pas de reconnaissance officielle car les associations ne disposant pas de récépissés. Elle pointe du doigt la loi 064 qui parle de l’éthique et de la morale.

Relevant que la Constitution oblige l’Etat à protéger tous les citoyens, elle regrette le fait que l’Etat ne fait rien pour protéger les homosexuels. « La vie d’un homosexuel est burkinabè, la vie d’un homosexuel est citoyen » a-t-elle soutenu. « C’est parce qu’il est homosexuel qu’on lui refuse son statut de citoyen » a-t-elle martelé.
Concernant les domestiques, la principale conférencière confie qu’elles subissent toute sorte de maltraitance. A l’en croire, nombreuses parmi elles sont battues, violées, elles n’ont pas de salaire à la fin du mois, etc.
Il faut rappeler que cette première phase du programme a consisté à démontrer la vulnérabilité des défenseurs des droits humains dans les domaines cités un peu plus haut. La coordonnatrice confie qua la coalition se prépare à lancer la seconde phase du programme.

Elle va consister à un plaidoyer auprès des autorités, à mener le programme dans les régions et provinces, à aller au contentieux en cas de droit violé. Pour se donner les moyens de sa politique, Florence Ouattara relève que la CBDDH a tissé des relations de partenariat avec l’Association des jeunes avocats et le Syndicat des avocats du Burkina.

Pour renforcer un peu plus les capacités de la coalition, la première responsable confie avoir pris attache avec le Fonds d’assistance judiciaire.
En attendant le lancement de la seconde phase, la coalition a formulé un certain nombre de recommandations.

Thierry AGBODJAN

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