Verdict procès du putsch manqué : Sentence clémente selon la coordination des CDAIP

La Coordination des comités de défense et d’approfondissement des acquis de l’insurrection populaire (CDAIP) de la ville de Ouagadougou a convié les Hommes de médias à un point de presse le vendredi 6 septembre 2019. Tout en se réjouissant de la condamnation des accusés dans le dossier du putsch manqué du 16 septembre 2015, elle déplore la sentence qu’elle juge trop clémente.

Le procès du putsch manqué du 16 septembre 2015 a livré son verdict le lundi 2 septembre dernier, avec la condamnation de la grande partie des accusés. Pour le président de la Coordination des comités de défense et d’approfondissement des acquis de l’insurrection populaire (CDAIP) de la ville de Ouagadougou, Elie Tarpaga, il s’agit d’une victoire d’étape dans la lutte contre le putschisme, la criminalité d’Etat et l’impunité de manière générale. S’il se réjouit de cette victoire, il regrette la sentence. « Il faut déplorer la clémence du verdict » a-t-il indiqué. D’après lui, elle contraste fort avec la violence et la barbarie des putschistes de septembre 2015. Le conférencier voit derrière cette condamnation qu’il juge trop clémente, une main politique. Il accuse de façon à peine voilée, le MPP et ses alliés. « Aussitôt le verdict tombé que des représentants du pouvoir MPP et alliés s’empressent d’évoquer les possibilités de grâce présidentielle (…) ». Pour lui, ces annoncent obéissent au plan de réconciliation nationale, de partage du pouvoir et d’organisation d’élections en 2020. « C’est d’ailleurs les seuls préoccupations des différents partis électoralistes qui se sont retrouvés en juillet 2019 dans leur dialogue politique qui ne correspond pas aux aspirations de changement révolutionnaire de notre peuple et de sa jeunesse » a-t-il soutenu. Contre l’idée d’une grâce présidentielle, Elie Tarpaga déclare : « ceux qui ont assassiné les enfants de notre peuple, qui ont pillé les richesses de notre pays et l’ont plongé dans sa situation catastrophique actuelle ont leur place en prison ». Il soutient : « ils doivent purger leurs peines en attendant que leurs complices de tous les bords les y rejoignent ; tôt ou tard ».
Au nom donc de la coordination qu’il dirige, le principal conférencier du jour appelle la population à se démarquer des refrains sur la fausse et hypocrite réconciliation nationale entonnée par la classe politique qui par ses actes d’hier et d’aujourd’hui a conduit le Burkina Faso dans le gouffre selon ses dires. Il l’invite également à poursuivre la lutte pour défendre et approfondir les acquis et espoirs du changement véritable qu’il a fondés en l’insurrection d’octobre 2014 et en la résistance populaire victorieuse au putsch de septembre 2015.

Thierry AGBODJAN

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