Destruction du marché de Bonam par Edouard Bationo : « On ne bouge pas », lui signifient les commerçants

Sur initiative du Syndicat national des commerçants du Burkina (SYNACOMB), les commerçants du marché de Bonam à l’arrondissement 6 de la ville de Ouagadougou ont tenu une assemblée générale le lundi 9 septembre 2019. Ils disent n’étant pas prêts à quitter le site sur lequel est implanté le marché comme le souhaite Edouard Bationo qui veut détruire le marché pour construire une école.

« On ne bouge pas ». Cet avertissement est adressé à Edouard Bationo. C’est de la part des commerçants du marché de Bonam à l’arrondissement 6 de la ville de Ouagadougou. C’était ce lundi 9 septembre 2019 lors de l’Assemblée générale initiée par le Syndicat national des commerçants du Burkina (SYNACOMB), à laquelle ils ont pris part. L’accusant de manœuvrer afin qu’ils soient déguerpis du marché pour qu’il construise une école, les commerçants à travers cette rencontre disent vouloir lui faire comprendre qu’ils ne comptent pas bouger d’un petit doigt. Faisant la genèse du marché, le représentant des propriétaires terriens, Daniel Ilboudou, confie que le lotissement de la zone a été fait en 1975 sous la présidence de Sangoulé Lamizana et que le marché qui est objet de litige entre Edouard Bationo et les commerçants a vu le jour deux ans plus tard soit en 1977. D’après lui, ce n’est qu’en 2013 que Bationo s’est présenté comme étant le propriétaire du site sur lequel se trouve le marché de Bonam, tout en demandant aux occupants de déguerpir sous prétexte qu’il veut construire une école. Jugeant illégale le document faisant ce dernier propriétaire légitime du terrain, il rappelle qu’en 1977, l’on ne parlait pas de commune, mais d’une sous-préfecture et que ce sont les autorités de cette institution qui ont octroyé le marché au quartier. Sans tourner autour du pot, il accuse le conseil municipal de l’arrondissement 6 de corruption. Abondant dans le même sens que le représentant des propriétaires terriens, le secrétaire administratif du SYNACOMB, El Hadj Inoussa Kaboré qui indique qu’on ne peut pas attribuer un marché à un individu pour ses intérêts personnels, soutient que l’incriminé dans le présent affaire, s’est arrangé avec les conseillers municipaux. Il affirme que dans un premier temps, la mairie lui avait octroyé un terrain qui est proche du marché après qu’il ait fait un versement d’argent et qu’il avait accepté avant de faire un rétropédalage pour exiger la parcelle sur laquelle se trouve le marché quand il lui a été demandé de faire un second versement. Pour sa part, il dit accuser les autorités communales d’être derrière la présente crise. « Quand elles sont arrivées aux affaires, elles ont vu que c’est un marché. Pourquoi vouloir le transformer en école ? Ce n’est pas possible. Il y a anguille sous roche » a-t-il soutenu. Daniel Ilboudou poursuivant avec les accusations, ira plus loin en déclarant que Edouard Bationo a cherché à corrompre l’un des propriétaires terriens avec la somme de 10 millions de francs CFA sans succès.

Rappelons qu’aujourd’hui, la justice s’est saisie du problème sur initiative de Edouard Bationo. Le jugement sera rendu le 12 septembre. Le SYNACOMB décidé à ne pas se laisser faire, a souhaité que le marché soit fermé ce jour et que tous les commerçants de Bonam se rendent au Tribunal. Son secrétaire administratif, El Hadj Inoussa Kaboré a pour sa part, a appelé tous les commerçants à s’unir derrière leurs confrères de Bonam pour que les manœuvres de Edouard Bationo se soldent par un échec selon ses mots.
En attendant d’avoir la version de l’incriminé, ceci est la substance de la rencontre initiée par le SYNACOMB au profit des commerçants du marché de Bonam.

Thierry AGBODJAN

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