Vote des burkinabè de l’étranger : “Nous rejetons toute tentative de récupération de la diaspora à des fins politiciennes et électoralistes”, Moumouni Pograwa du mouvement C’est le Moment.

Décidément, le nouveau code électoral n’est pas prêt d’être écarté dans l’actualité politique du Burkina. La question est persistante dans les débats malgré l’adoption du code qui devait pourtant amener tous les acteurs autour de la problématique du vote des burkinabè de l’étranger à passer à autre chose.

Ce jeudi 09 août, c’était au tour du mouvement «C’est le Moment» de donner une conférence de presse pour clarifier sa position vis-à-vis du code électoral voté  à l’Assemblée Nationale le 30 juillet dernier et de donner des précisions sur la carte consulaire.

 

C’est le Moment est un mouvement politique de la diaspora qui se refuse le titre de parti politique malgré la confusion à laquelle se prête ses termes et son discours.

Une vue des participants à la conférence de presse

D’entrée de jeu, le mouvement se félicite et félicite le gouvernement burkinabè pour le nouveau code électoral qu’ils considèrent comme une avancée démocratique, une victoire de toute la diaspora burkinabè. Selon leurs propres termes, c’est « la première fois que le gouvernement burkinabè prend en compte les revendications de la diaspora ». C’est donc une raison pour eux de jubiler, selon Moumouni Pograwa.

 

Le mouvement n’a pas manqué de  décrier la carte consulaire à travers un bref rappel historique du rejet et de la contestation dont cette carte fut l’objet depuis sa date de lancement en novembre 2013. En effet, depuis 2013, le mouvement dit avoir rejeté la carte consulaire pour plusieurs raisons. La première étant le caractère administratif inutile de la carte en question dans les pays où elle est délivrée. A en croire le mouvement, la carte consulaire n’a aucune valeur administrative dans les pays voisins. Elle sert juste aux ambassades du Burkina Faso de pouvoir comptabiliser ses ressortissants dans les différents pays.

 

La deuxième raison selon le mouvement, était le coût exorbitant de la carte et toutes les petites combines qui s’organisaient autour de sa confection haussant son prix jusqu’à 20 000 FCFA parfois. En effet, la carte à ses débuts coûtait 10 000 FCFA et son prix par rapport à la CNIB était relativement très élevé.

 

La troisième raison, était les conditions dans laquelle cette carte était délivrée. Selon effectivement un audit effectué par les autorités compétentes, les pièces justificatives de l’élaboration de la carte ne sont pas conformes.

 

Le mouvement «C’est le Moment» dit ne pas se reconnaître dans la lutte engagée par l’opposition politique burkinabè. Pour eux, si une question mérite d’être posée, c’est celle-là «pourquoi les partis politiques de l’opposition qui n’ont pas défendu la diaspora en 2013 contre le coût exorbitant de la carte consulaire le font aujourd’hui ?» Selon Moumouni Pograwa, ça ressemble à une «récupération de la diaspora à des fins politiciennes et électoralistes » et cela est intolérable. L’opposition se trompe de combat en se focalisant sur la carte consulaire dit-il car, «la diaspora salut cette réforme historique et reconnaît tous ses droits respecté par le nouveau code électoral» avant de terminer en témoignant toute sa reconnaissance au gouvernement burkinabè.

Nourdine CONSEIBO

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