Accès équitable des femmes à la terre rurale : une sensibilisation participative pour les populations rurales

Ce mardi 13 novembre 2018, la commune de Houndé a organisé la première session d’une troupe de théâtre forum à Dankari pour la sensibilisation de populations venues de 5 communes dont le point commun est de partager des activités en lien avec le projet « protection et réhabilitation des sols pour améliorer la sécurité alimentaire » (PROSOL) de la coopération allemande qui a accompagné la production de cet représentation artistique. Les participants ont pris part à cet évènement réalisé  par la très réputée troupe SIRABA connue pour ses pièces de théâtres  sous le thème : « Le droit foncier et l’accès sécurisé de la femme à la terre ». L’objectif de ce théâtre forum consiste à contribuer au changement des mentalités sur les questions de droit foncier et d’accès et de sécurisation de la femme aux terres rurales.

En milieu rural, la terre est un bien précieux. Pour les femmes, posséder une terre, c’est assurer son émancipation et sa sécurité économiques. Malheureusement, l’accès au foncier relève encore de l’utopie pour la majorité des femmes au Burkina Faso. Pourtant, elles représentent 51% de la main-d’œuvre par excellence dans le monde agricole. La résistance des droits coutumiers en matière foncière, parallèlement à un système juridique étatique un peu délaissée dans certaines pratiques, explique cet état de fait.

A travers cette représentation théâtrale, le but était d’impacter les mentalités des populations des communes représentées sur les problématiques liées à la gestion et a l’accès des terres rurales par les femmes.

Spécialisé dans la mise en scène de théâtre forum, c’est le Centre Siaraba qui a assuré la conception et la réalisation de cette pièce théâtrale.

Ali Baba Traoré, administrateur du centre Siraba à Bobo Dioulasso

Selon Ali Baba Traoré, administrateur du centre Siraba à Bobo Dioulasso, « l’objectif de ce théâtre forum est de sensibiliser les populations pour l’accessibilité des femmes à la terre rurale. Le théâtre a permis à ce que les gens puissent s’exprimer et poser des questions.  Nous attendons à ce que les gens mettent en pratique ce qu’ils ont suivi » a-t-il expliqué avant de faire un bref résumé de cette représentation théâtrale.

C’est l’histoire d’un vieux du village et son ami qui se basent sur la tradition pour dire que la femme (veuve) n’a pas droit à la terre qui appartenait à son défunt mari. Ils ont voulu déposséder la femme de ces terres puis l’affaire est transférée au commissariat de police qui tranchera en faveur de la veuve conformément à la loi. Drame, en voulant mettre le feu dans la concession de la dame, le vent a changé de direction et le feu embrasera la concession du monsieur qui a tout perdu.

Maire de la commune de Houndé, Dissan Boureima Gnoumou

Pour le maire de la commune de Houndé, Dissan Boureima Gnoumou, le thème traité montre l’importance du foncier et de l’accès sécurisé de la femme au foncier en milieu rural. « Dans ma commune naturellement très agricole, les hommes sont beaucoup engagés dans la production et la femme a des difficultés d’accès à la terre(…) ; grâce à la sensibilisation et à l’appui conseil de la GIZ/PROSOL depuis un certain nombre temps, ces difficultés se minimisent, a soutenu le maire.

Avant 2015, les gens suivaient un circuit anarchique dans la résolution des conflits fonciers. Soit ils se réfèrent au chef de terre ou au propriétaire terrien, soit le préfet qui est le président du tribunal départemental ou à la mairie pour trancher leur litige. Mais aujourd’hui, avec cet appui conseil, nous résolvons le problème au sein du village à travers les Comités fonciers villageois (CFV) et les Commissions de conciliation du foncier villageois (CCFV), a expliqué le maire.

Celui-ci a fait savoir qu’au niveau de sa collectivité locale, ils ont enregistré moins de conflits des villages ayant bénéficié de la mise en place des CFV et des CCFV contrairement aux 13 autres villages de la commune non encore couverte par la démarche. Le théâtre forum selon lui, est la bienvenue et il salue l’appui technique des partenaires.

La sensibilisation contribue sans doute à la gestion de situations d’incompréhension dans la démarche pour le règlement des conflits fonciers.

Adjara Coulibaly, bénéficiaire

C’est pour cette raison que, Adjara Coulibaly, bénéficiaire de la formation avec le PROSOL sur la gestion des conflits fonciers se dit satisfaite et remercie une fois de plus la coopération allemande.

Moussa Boleo, Secrétaire de la CCFV

Moussa Boleo, Secrétaire de la CCFV, lors des interventions, établit les différents documents qui démontre le travail fait sur le terrain. Ceci grâce à l’expérience acquise au cours de la formation faite par le PROSOL sur la loi 034-2009 portant régime foncier rural. Ce théâtre montre effectivement ce qui se passe dans nos concessions, a affirmé le secrétaire.

Selon Lassina Sanou, représentant du directeur de l’agriculture dans les Hauts bassins, cette activité permet d’expliquer les enjeux aux populations, afin de sécuriser chacun dans son terroir.

Lassina Sanou, représentant du directeur de l’agriculture dans les Hauts bassins (à gauche); et Rodolphe Diarra, chargé du service foncier des Hauts bassins (à droite)

Quand à Rodolphe Diarra, chargé du service foncier des Hauts bassins, il a regretté que certaines communes n’aient pas mis en place les institutions foncières au niveau local.

« C’est ce qui fait que la population n’applique la loi dans toute sa rigueur », a-t-il déclaré.

Etant donné que cette loi est en cours de vulgarisation, ces institutions se mettent en place progressivement notamment grâce à la l’appui de la GIZ/ProSol dans le but de parvenir à une sécurisation de la terre à tous les niveaux.

La représentation théâtrale permet donc de préserver la terre pour les générations futures. Ce qui rentre dans la durabilité de l’agriculture.

Dieudonné LANKOANDE

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