Débat autour du nouveau code électoral : « Simon Compaoré est le Zachée de la politique burkinabè », selon l’UPC

L’actualité politique burkinabè est cristallisée en grande partie par le débat autour du nouveau code électoral  adopté le 30 juillet dernier à l’Assemblée nationale. La majorité présidentielle et l’opposition politique burkinabè sont divisées sur plusieurs questions dont notamment la question du vote de la diaspora burkinabè. Ce samedi 11 août 2018 l’UPC a convié les journalistes pour leur clarifier sa position sur certains points de désaccord qu’il y a entre l’opposition politique et la majorité présentielle autour du code électoral. A cette conférence de presse, l’UPC a comparé Simon Compaoré, président par intérim du parti au pouvoir, à Zachée de la Bible. Mais, à la différence du Zachée de la bible, souligne Moussa Zerbo porte-parole de l’UPC, « Simon Compaoré continue dans l’erreur  après sa repentance ».

L’UPC par la voix de son porte- parole Moussa Zerbo  dit rejeter  le nouveau code électoral qu’il qualifie de  «texte tripatouillé par le MPP et alliés pour quatre principales raisons ».

 

La première raison porte sur la suppression de la carte d’électeur consacrée par le nouveau code électoral et l’imposition de la CNIB et du passeport comme documents d’enrôlement et de vote. L’enrôlement physique fera place à un enrôlement électronique  au moyen des SMS et d’appels téléphoniques .Une mesure inquiétante selon Moussa Zerbo au regard du taux d’analphabétisme au Burkina Faso, la non possession de téléphone par tous les burkinabè, la non constance de numéros de téléphone et la défaillance des réseaux de télécommunications.

 

Aussi, celui-ci s’inquiète des moyens par lesquels les électeurs qui auront recours aux dispositions de l’article 53 du code pourraient rentrer en possession de leur s récépissés. L’UPC doute également de la crédibilité des listes que l’Office National d’Identification fournira à la Commission Electorale Nationale Indépendante (CENI) car l’ONI reste une structure contrôlée par le gouvernement. Pour Moussa Zerbo, tout est désormais clair, c’est  « une fraude électronique qui se prépare ».

 

Le second point de désaccord entre l’opposition politique et la majorité présidentielle  porte sur le vote de la diaspora burkinabè. Des dires du porte-parole de l’UPC, dans l’ancien code électoral adopté sous la transition, la carte consulaire biométrique était admise parmi les documents de vote. L’UPC s’étonne donc que le MPP rejette « subitement la carte consulaire » que le gouvernement n’a pourtant jamais cessé de délivrer depuis son avènement au pouvoir.

Une vue des militants UPC

Le troisième objet de discorde porte sur les lieux retenus pour le vote de la diaspora burkinabè. Pour le parti du « Lion », la capacité des enceintes diplomatiques est faible par rapport au nombre probable de votants. Pour les conférenciers, il est inadmissible que le Burkina Faso mette à la disposition d’autres pays comme le Mali des lieux de votes au-delà de leurs enceintes diplomatiques et se refuse d’en faire de même pour ses ressortissants vivants à l’étranger. Ceci cache, selon eux, un désir d’empêcher la diaspora de participer aux élections de 2020.

 

Le quatrième et dernier point porte sur le souci d’équité et d’uniformité tant prôné par le MPP « dans sa campagne de propagande pour faire accepter le tripatouillage des textes électoraux ». L’article 265 du code électoral dit que « les cartes d’électeurs obtenues après inscription sur présentation d’une pièce autre que la carte d’identité, demeurent jusqu’en 2021 ». Toutes sortes de pièces pourront être utilisées pour les élections de 2020 sur le sol burkinabè telles les  « cartes de vaccinations, les carnets de famille, les permis de conduire », selon l’UPC qui se demande « où se trouve donc l’équité ici ? ».

 

Moussa Zerbo a terminé son intervention en apportant des réponses a Simon Compaoré qui affirmait lors d’une conférence de presse  le 07 aout passé que « l’opposition sert un film western de mauvaise qualité » en affirmant que «  si le FESPACO devait  primer le film le plus nul, le plus médiocre et le plus ridicule, le lauréat serait sans doute Simon Compaoré pour son court métrage intitulé Tranquillos ». Pour lui, l’auteur dub film « tranquillos » est à l’image de Zachée des récits bibliques. Mais, à la différence du Zachée de la bible, souligne Moussa Zerbo porte-parole de l’UPC, « Simon Compaoré continue dans l’erreur  après sa repentance ».

Nourdine CONSEIBO

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