Éducation : des milliers d’élèves mettent l’État burkinabè face à ses responsabilités

Ce jeudi 24 janvier 2019, les rues de Ouagadougou ont été envahies par plusieurs milliers d’élèves. Cette manifestation fait suite à l’arrêt des évaluations décidé par la Coordination Nationale des Syndicats de l’Éducation (CNSE) en décembre 2018. Les élèves sont donc sortis pour exiger la tenue de leurs évaluations en invitant l’autorité à se saisir de sa responsabilité.

La CNSE avait décidé de suspendre les évaluations dans toutes les écoles publiques du Burkina dont elle a la charge suite à la non prise en compte de ses revendications par le gouvernement Kaba III. Après la démission de celui-ci ainsi que le retard consentis dans la nomination d’un premier ministre avec un gouvernement (jusqu’à l’heure ou nous écrivons ceci, il n’y a pas de gouvernement) contribue à ralentir les négociations entreprises par l’ancien gouvernement avec la coordination. Difficile reprise du dialogue et de la négociation.

Les élèves constatant que les évaluations ne seront visiblement pas pour demain ont donc décidé de donner de la voix ce matin pour mettre les protagonistes face à leurs responsabilités.

Ce sont quasiment tous les élèves de toutes les écoles publiques qui se sont retrouvés ce matin. Assana Yaro, élève en classe de première dans un lycée de la ville estime que les évaluations permettent de déterminer les passages en classe supérieure et il est plus que urgent qu’elles se tiennent.

Une vue des manifestants

Quand à une autre manifestante, Amie Kaboré, ils sont sortis pour soutenir leurs enseignants et réclamer la tenue des évaluations dans un bref délai.
Le pays n’ayant pas de gouvernement pour l’instant, il est claire que la reprise du dialogue et des négociations vont encore tarder. Cela alimentera l’impatience de la CNSE qui attend que ses revendications soient prises en compte. Dans cette situation, se sont plongés des milliers d’élèves qui s’interrogent sur leur destin. Des milliers d’autres élèves dont les écoles ont été fermées, les cours suspendus à cause de l’insécurité qu’engendre la question du terrorisme. L’éducation au Burkina Faso dans tous ses niveaux souffre à ses jambes.

Nourdine CONSEIBO
nconseibo@gmail.com

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *