Général Djibrill Bassolé : Les Anciens de la NAFA exigent sa « libération immédiate » !

C’est à travers une grande mobilisation que l’Union nationale des Anciens de la Nouvelle Alliance du Faso (NAFA) a lancé un appel à la « libération immédiate » du Général Djibrill Yipènè Bassolé, accusé de complicité, arrêté et privé de sa liberté depuis le 29 septembre 2015 dans le cadre du coup d’Etat. C’est via son « appel du 9 juillet 2016 » lancé dans la matinée de ce samedi, 9 juillet 2016 à Ouagadougou.

« Nous, bureau des anciens de la NAFA demandons la libération immédiate de Djibrill Bassolé ». C’est la principale requête de l’Union nationale des Anciens de la NAFA qui a fait le plein de la salle du CENASA de toutes les couches sociales. L’objectif est clair : plaider pour la libération du Général Djibrill Bassolé, considéré comme un « prisonnier politique ». Partant du constat que « le cas de Djibrill Bassolé pourrait bien se résumer à ce proverbe Mossi qui dit ceci : Même si tu danses dans l’eau, tes ennemies diront que tu soulèves de la poussière », le président de l’Union des Anciens de la NAFA, le Samadin Naaba, Yaméogo Adama et ses camarades demandent « vérité, justice et liberté » pour M. Bassolé. « De la mobilisation des Djihadistes pour attaquer le Burkina Faso aux armes lourdes de guerres trouvées chez lui, en passant par les 300 millions qu’il aurait détourné en étant ministre d’affaires étrangères, aujourd’hui il faut reconnaître que ceux qui accusent Djibrill Bassolé peinent à trouver des preuves pour le maintenir en prison. En effet, que ne fut pas notre surprise quand à l’époque, l’ex-Premier ministre Yacouba Issac Zida, dont la moralité est désormais officiellement remise en cause, se soustrayant à la justice affirmait haut et fort que les écoutes téléphoniques sont authentiques ? Que ne fut pas notre surprise quand cette justice, au mépris volontaire des règles élémentaires de droit interdisait les avocats étrangers du dossier ? Que ne fut pas notre surprise quand la justice a décidé de reverser les écoutes téléphoniques au dossier sans authentification préalable ?Que ne fut pas notre surprise quand cette même justice a refusé l’analyse de l’expert acoustique sur la supposée conversation avec Guillaume Soro ? Que ne fut pas notre surprise, quand, en manque d’arguments pour garder Djibrill bassolé en prison, une conversation tout aussi naturelle que sage a été qualifiée d’incitation à indiscipline ? », a scruté le président des « sages » de la NAFA pour qui, le mensonge a beau courir, la vérité le rattrapera un jour. Il en veut pour entre autres appuis, le verdict rendu par la Cour de justice de la CEDEAO du 1er juillet dernier qui note que « le droit de Djibrill Bassolé à choisir librement ses avocats a été violé ». « Le tribunal communautaire sous-régional a ainsi ordonné à l’Etat burkinabè de le rétablir dans ses droits », a commenté M. Yaméogo, ajoutant que ce verdict de la CEDEAO a convaincu tout le monde, même les plus sceptiques, que Djibrill Bassolé est purement et simplement un « prisonnier politique ». D’où l’exhortation des Anciens de la NAFA à la justice burkinabè à se démarquer du politique, en luttant pour sauvegarder son indépendance malgré les velléités de confiscation orchestrée par le pouvoir exécutif ces derniers temps, affirment-ils.
« Nous constatons de ce fait au vu de ce verdict des juges de la CEDEAO dont d’ailleurs les compétences en matière de droit ne dépassent guère les juges du Burkina Faso qui excellent partout dans le monde, que les droits de Djibrill Bassolé ont été volontairement, intentionnellement et délibérément violés par la justice burkinabè », ont déclaré les responsables de cette structure pacifique de la NAFA, persuadés en outre, que le cas de Djibrill Bassolé interpelle sur la nécessité d’une véritable justice indépendante et dépourvue des pressions politiques. La mise aux arrêts de Djibrill Bassolé est, selon eux, un règlement de compte politique qui ne répond à aucune règle juridique. « Malheureusement, aujourd’hui, il y a deux catégories de Burkinabè c’est-à-dire, ceux qui subissent et qui ont un comportement républicain et ceux qui ont le droit d’intimider, de menacer, de brûler, de casser, d’empêcher la tenue d’élections, en toute impunité car protégés par un certain pouvoir », a affirmé le président de l’Union des Anciens du parti. « Plus que jamais, le Burkina a besoin de toutes ses filles et fils afin qu’au-delà de la haine inutile, qu’ensemble, chacun apporte sa pierre pour l’édification de notre patrie si chère à tous. Le Burkina se doit de redevenir un Burkina de paix, un Burkina qui progresse et qui fait la fierté de tous », a-t-il ajouté avant de conclure à un « appel à tous les patriotes épris de paix, de justice et de démocratie » à rallier leur cause afin que le droit de tous les Burkinabè soit sauvegardé pour une vraie réconciliation nationale.
Pour mémoire, c’est par un communiqué publié le 28 septembre 2015, que le gouvernement (Transition) avait explicitement accusé Djibrill Bassolé de complicité avec le Général Gilbert Diendéré. Dès le lendemain, Djibrill Bassolé a été arrêté à son domicile, malgré ses dénégations et celles du Général Diendéré qui le disculpait de toute implication dans cette affaire. Par l’entremise de son avocat, Me Dieudonné Bonkoungou, Bassolé avait tenu à démentir toute implication. Le 6 octobre, il est transféré à la Maison d`arrêt et de correction des armées (MACA) en compagnie de Gilbert Diendéré après avoir été entendu par le juge d`instruction qui a retenu contre lui onze chefs d`inculpation. Ces derniers temps, le dossier semble prendre une autre tournure avec une décision de la Cour de la justice de la CEDEAO. L’appel des « sages » de la NAFA sera-t-il entendu ? Les jours à venir en diront sur cette affaire.

Elvis KOFFI

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