Grève de 24 heures du SYNTSHA : Des syndicats du corps médical désapprouvent

Le lundi 29 janvier 2018, le Syndicat des travailleurs de la santé humaine et animale (SYNTSHA) a annoncé au cours d’une conférence de presse, qu’il va observer une grève de 24 heures le mercredi 31 janvier 2018 sur toute l’étendue du territoire ; un arrêt de travail qui est relatif au procès pour fait de grève contre l’agent de santé Nonguézanga Kaboré et aussi à l’état de mise en œuvre du protocole d’accord SYNTSHA-gouvernement. Afin de faire le point sur ce mouvement, on s’est rendu dans les centres de santé comme le Centre médical avec antenne chirurgicale (CMA) de Pissy, le Centre hospitalier universitaire Yalgado Ouédraogo (CHUYO) et l’hôpital de district de Bogodogo où l’on a constaté que malgré le respect du mot d’ordre de grève, le service minimum est respecté, et aussi que la grève n’est pas approuvée par tous les agents.

Le Syndicat des travailleurs de la santé humaine et animale (SYNTSHHA) a observé une grève de 24 heures sur toute l’étendue du territoire ce mercredi 31 janvier 2018. Pour faire le point de cet arrêt de travail décrété par ledit syndicat, nous avons fait le tour de certains centres de santé tels que le Centre médical avec antenne chirurgicale (CMA) de Pissy, le Centre hospitalier universitaire Yalgado Ouédraogo (CHUYO) et l’hôpital de district de Bogodogo où nous avons rencontré des agents de santé qui ont fait l’état des lieux de la grève. Selon les responsables du syndicat le mot d’ordre est bien suivi. Ils ont raison car dans les centres où nous sommes passés, la confirmation nous ai été donnée par les responsables. Cependant, des dispositions ont été prises pour que la grève ne soit pas « sauvage ». C’est le cas du CMA de Pissy où le médecin chef de district Dr. Noël Nacoulma nous a confié que sur recommandation des supérieurs, des dispositions pratiques ont été prises pour permettre la prise en charge des urgences. A l’en croire le centre disposait d’un nombre important de malades qui étaient hospitalisés et qui ne pouvaient pas rentrer chez eux. « Pour permettre à ces derniers de recevoir les soins appropriés, nous avons réquisitionné quelques agents pour que cela soit effectif » a-t-il assuré. Le médecin chef confie par la même occasion que ce ne sont pas tous les services qui sont fonctionnels. Il a rappelé qu’à l’instar des unités d’urgence où le service minimum est assuré, le reste a suivi le mot d’ordre de grève qui a été lancé.
A l’hôpital de district de Bogodogo bien que le mot d’ordre de grève a été respecté par les agents, l’administration a pris les précautions pour assurer également le service minimum a confié la directrice générale Diane Kaboré. Selon ses explications, l’arrêt de travail est effectif au district sanitaire qu’elle a en charge. Elle confirme qu’afin d’éviter que l’offre de soin soit interrompu, l’administration au niveau du district a pris des dispositions. Ces dispositions concernent les services d’urgence qui sont au nombre de trois à savoir les urgences médicales, pédiatriques et gynécologiques selon ses dires. La directrice générale souligne que pour assurer la continuité des soins dans ces services, avant minuit une réquisition d’agents qui étaient déjà en poste a été faite ; à qui il a été demandé de poursuivre le travail jusqu’au matin en entendant la prise de fonction de l’équipe de relai. Après avoir fait le tour des services personnellement par deux fois, elle rassure que la réquisition a été respectée par lesdits agents. Pour ce qui concerne le plateau d’aide aux diagnostiques, que ce soit le laboratoire, l’imagerie médicale et la pharmacie, Diane Kaboré a confirmé qu’un noyau d’agents y travaille et a pour mission de prendre en charge les urgences afin d’empêcher la perte en vies humaines.
Il est important de souligner que si au CMA de Pissy et l’hôpital de district de Bogodogo les responsables ont accepté se prêter à nos questions, ce ne fut pas le cas de l’hôpital Yalgado où l’administration a refusé de se prononcer de même que les chefs de services.

Une grève contestée au sein du corps médical

Dans l’univers médical, l’on compte de nombreux syndicats regroupant les différents corps. La grève dont il est question ici est une initiative du Syndicat des travailleurs de la santé humaine et animale. Après avoir échangé avec certains agents lors de notre passage au Centre hospitalier universitaire Yalgado Ouédraogo, tout comme dans les deux autres centres de santé l’on s’est rendu compte que ce ne sont pas tous les syndicats qui soutiennent la grève. Si les agents que nous avons rencontrés ont refusé de s’exprimer publiquement, ils nous ont confié en « off » qu’ils désapprouvent totalement la grève. La plus part estime que la grève n’a pas lieu d’être. Ces agents de santé pensent qu’au lieu d’observer une grève, l’idéale serait de trouver un bon avocat à l’agent de santé Nonguézanga Kaboré qui est au centre de ce mouvement. Ils estiment qu’il y a eu des grèves de par le passé qui ont coûté la vie à des patients. « Observer donc un nouveau mot d’ordre de grève juste pour apporter son soutien à un agent qui est traduit en justice par l’Etat ne sied pas » ont-ils confié. C’est donc à juste raison qu’ils ont condamné l’attitude du prévenu qui selon eux, « même s’il était en grève, son devoir entant que médecin est de venir en aide aux malades et donc quand il a été appelé, il devrait se rendre à l’hôpital pour s’enquérir au moins de la situation vu que c’est un cas urgent ». Il faut rappeler que ces agents de santé qui désapprouvent l’arrêt de travail voulu par le SYNTSHA ne sont pas des militants du syndicat en question. Eux ont refusé de suivre le mouvement et ont préféré s’acquitter de leur devoir.

Thierry AGBODJAN

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