Grogne sociale : Le SYNACIT dénonce un manque de dialogue de l’autorité

Le Syndicat autonome des Contrôleurs et Inspecteurs de Travail (SYNACIT) a observé une grève de 48 heures les 1er et 2 Aout 2017 dans toutes les 13 directions régionales. Après le sit-in tenu les 25 et 26 juillet 2017, le ton est monté d’un autre cran dans cet arrêt momentané de travail à la Bourse de Travail de Ouagadougou où nous avons constaté un rassemblement conséquent des travailleurs de la fonction publique. C’était le mercredi 2 Août 2017.

Ce jour-là, personne n’a contrôlé ni inspecté le travail à la fonction publique. La cause de cet arrêt momentané de travail, semble-t-il, est liée au « refus » du Ministre de la Fonction publique, leur ministre de tutelle, de créer un climat propice au dialogue. Cette information nous a été décryptée par Fatôgôma SANON, Secrétaire Générale (SG) du SYNACIT. A l’écouter, cette grève n’aurait pas eu lieu si le Ministre de la Fonction publique avait honoré le rendez-vous du 28 Juillet pour le dialogue avec les syndicats. Selon son récit des faits, au deuxième jour du Sit-in, c’est-à-dire le 26 Juillet dernier, le Ministre avait posé les conditions pour accéder au dialogue. Le SYNACIT était appelé à suspendre son mot d’ordre ! Chose qui n’était pas du tout « facile » selon le SG du SYNACIT qui précise que pour un mot d’ordre décrétée à la base, la suspension exige tout « un processus à suivre… ». Cette condition n’ayant pas pu être un acquis pour le Ministre, ce dernier ne se serait pas présenté aux syndicats le 28 juillet dernier. « Nous étions au rendez-vous mais le ministre ne s’est pas présenté », a déploré Fatôgôma SANON.

Fâtôgma SANON, SG SYNACIT

Il n’y aura plus de service de conciliation pendant un mois

C’est l’information que nous avons eu sur place. Le SYNACIT tient mordicus à la résolution de certains points de sa plateforme et n’entend pas transiger sur lesdits points. Il s’agit de l’arrêté conjoint signé entre le Ministre de la Fonction publique et celui des Finances, la dotation en matériel roulant pour la région du Centre et l’indemnité de conciliation. Sur la question de la conciliation, le SYNACIT invite ses militants à suspendre tout service y ayant trait. « Nous allons suspendre pour l’instant pour que tous les travailleurs envoient les dossiers au niveau du secrétariat du ministère pour qu’ils essaient d’évaluer et de voir eux-mêmes s’ils peuvent gérer. Nous avons un syndicat dans ce ministère qui a suspendu ses activités et d’autres travailleurs ont été pris pour accomplir les mêmes activités. Nous aussi nous allons suspendre et exiger l’indemnité de conciliation », a mentionné Fatôgôma SANON. Cette suspension ne tardera pas à venir car elle prend effet à partir du lundi 7 Aout prochain, et ce pour une durée d’un mois. « On pourra reprendre la conciliation si l’autorité nous montre sa bonne foi », précise le SG. A l’écouter, il va sans dire que le SYNACIT ne réclame pas la résolution hic et nunc de tous les points qui se trouvent dans sa plateforme revendicative. «  Des engagements fermes » de la part de l’autorité compétente aurait seulement suffi. « Même si on dit que la date d’effet c’est le 1er Janvier 2018, le SYNACIT est prêt à aller expliquer à ses militants d’accepter cette date », a-t-il affirmé.
Outre la suspension de la conciliation, le SYNACIT entend lever plus le ton dans les jours à venir pour exiger la satisfaction de ses revendications. Ainsi, un sit-in est prévu à l’Immeuble Baonghin le 17 aout prochain, à l’issue duquel, si rien n’est fait pour le dénouement de cette crise, le SYNDICAT observera une grève du 21 au 25 aout 2017 sur toute l’étendue du territoire.

Le combat du SYNACIT est lié au combat du peuple

De la lutte souvent traitée avec dédain par les populations, le SG du SYNACIT a tenu à préciser que le SYNACIT est un « syndicat responsable » et que la lutte que mènent les membres du SYNACIT est une lutte qui prend en compte l’intérêt général du peuple. « Nous n’allons pas mener des actions qui vont à l’encontre des intérêts du peuple », a-t-il laissé entendre avant d’inviter leur ministre de tutelle au dialogue.

Avant que nous quittions les lieux, Fatôgôma SANON nous a révélé que la grève est « suivie dans les 13 directions régionales ainsi que dans les directions centrales ».
Alida TOURE

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