Lutte antitabac : L’association ACONTA annonce la reprise du procès contre la MABUCIG

L’association Afrique contre le tabac (ACONTA) en collaboration avec le réseau des journalistes antitabac au Burkina et la Ligue des consommateurs du Burkina Faso a organisé une conférence de presse conjointe ce jeudi 05 avril 2018. L’objectif de cette rencontre avec les hommes de médias est d’informer l’opinion publique sur la reprise prochaine du procès intenté contre la MABUCIG.

Cette conférence de presse avait un caractère spécifique celui des dernières évolutions par rapport au procès intenté par le ministère de la santé contre la MABUCIG.

Selon Salif Nikiema coordonnateur de l’association Afrique contre le tabac, le 07 avril dernier était la date qui avait été donné par le ministère de la santé aux industriels du tabac de se conformer aux textes d’application relatifs au conditionnement et à l’étiquetage du tabac.

En effet, les industriels du tabac avaient jusqu’au 07 avril 2016 pour mettre des images sur les paquets de cigarette alors que jusqu’à présent les paquets de cigarettes n’ont pas changé. Les conférenciers du jour ne voulaient pas laisser cette occasion passée sans faire un point à la population, car ayant auparavant engagé des actions de communication dans ce sens. Aujourd’hui il y a un procès en cours. Ce procès avait été renvoyé en avril 2017 pour inconstitutionnalité soulevé par l’avocat de la MABUCIG.

Le tribunal de grande instance de Bobo Dioulasso avait demandé au conseil de la MABUCIG de saisir le Conseil constitutionnel pour avis sur la conformité de la loi antitabac à la Constitution burkinabè. Le même conseil de la MABUCIG a fait appel de ladite décision devant la Cour d’appel de Bobo Dioulasso. Cette cour doit à présent statuer sur qui des deux : le TGI de Bobo ou le Conseil de la MABUCIG doit saisir le conseil constitutionnel. Depuis un an donc, cette cour d’appel n’a pas encore statué. Pourquoi la justice prend tant de temps pour donner un tel avis ? S’adressent les conférenciers aux juges du TGI de Bobo et à ceux de la cour d’appel.

Finalement le procès reprendra le 30 avril prochain et les conférenciers appellent à une impartialité du juge.

Plus de 100 pays appliquent des images sur les paquets de cigarettes

« Nous avons confiance aux juges, nous croyons à leur indépendance donc il faut qu’il agisse parce qu’il y a 4 800 décès par an au Burkina Faso selon l’organisation mondiale de la santé », précise le coordonnateur de ACONTA

Cette procédure judiciaire ne doit pas être un frein à l’application de la loi antitabac et de la convention cadre de l’OMS pour la lutte antitabac. il y a d’autres aspects notamment l’interdiction de fumer dans les lieux publics, l’interdiction de la publicité qui se fait, il y a la vente aux mineurs et par les mineurs qui est interdite. « Nous demandons aux autorités de prendre leur responsabilité face à cette hécatombe pour faire respecter les lois que les députés ont votées », dit Salif Nikiema.

Au regard donc de cette situation, l’association Afrique contre le tabac et ses partenaires appellent au peuple burkinabè à s’engager à quelques niveaux que ce soit dans cette lutte pour le bien-être de tous.

 

Dieudonné LANKOANDE

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