Marginalisation des personnes vivant avec un handicap : « Physiquement on est là, moralement on est mort », dixit Boukary Kiema

Attirer l’attention des autorités et de l’opinion publique sur le sort qui leur est réservé au sein de la société burkinabè, c’est ce qui a motivé le mouvement d’humeur organisé par des associations des personnes vivant avec un handicap. C’était le mercredi 9 août 2017 à la Place des martyres.

Sont-elles les oubliés de la société ? C’est ce qu’elles pensent. Il suffit de leur poser la question, et elles répondront sans hésiter par l’affirmatif. Nous parlons bien sûr de personnes vivant avec un handicap au Burkina Faso. Elles sont fatiguées d’être marginalisées dans leur propre société, et c’est la raison pour laquelle, elles ce sont données rendez-vous à la Place des martyres ce mercredi 9 août 2017. Il s’agit en effet d’un mouvement d’humeur qui a pour objectif d’attirer l’attention des autorités et de l’opinion publique sur le sort qui leur est réservé selon le porte-parole du mouvement, par ailleurs président de l’Association des élèves et étudiants handicapés du Burkina (AEEHB) Boukary Kiema. Il a confié qu’à travers ce mouvement, les handicapés veulent faire une plaidoirie auprès des autorités burkinabè pour la prise en compte de leurs préoccupations. La raison selon lui est que depuis belle lurette, les autorités burkinabè ferment les yeux sur la situation des siens. Il explique chaque année, des promesses leur sont faites, mais leurs concrétisations n’ont jamais été une réalité. Ceci doit changer et c’est la raison pour laquelle les personnes vivant avec un handicap ont décidé de se battre a-t-il indiqué. A l’en croire, dans leur démarche, les handicapés avaient souhaité rencontrer le président du Faso, Roch Marc Christian Kaboré afin de lui remettre un mémorandum intitulé « Un regard vers nous » ; mais par faute d’autorisation accordée, ils le feront par voix courrielle a confirmé le porte-parole. Il souligne que ledit mémorandum ne sera pas envoyé simplement qu’à la présidence du Faso, mais aussi à tous les ministères qui traitent des personnes vivant avec un handicap. A l’endroit du chef de l’Etat, Boukary Kiema lui a rappelé que pendant la campagne pour la présidentielle, il a pris des engagements envers les personnes handicapées. « Il est temps qu’il respecte ses engagements » a-t-il soutenu. Le même appel a été lancé au gouvernement burkinabè qui selon le président de l’Association des élèves et étudiants handicapés du Burkina a ratifié des conventions, signé des décrets, faire voter des lois. C’est important selon lui car « ça ne va pas messieurs » a déploré l’homme.

Pour l’occasion, tous les handicapés à savoir les albinos, les auditifs, les moteurs, les visuels, les muets qui ont pris part au mouvement, ont porté un brassard noir au bras. La signification selon le porte-parole est tout simple : « Physiquement on est là, moralement on est mort ». Rappelant qu’au Burkina Faso on compte trois millions de personnes vivant avec un handicap, le porte-parole pense que ces derniers ont la capacité de contribuer au développement de ce pays, pourvu qu’on leur fasse confiance.
C’est donc décidé à faire bouger les choses en leur faveur, que le porte-parole Boukary Kiema a appelé les handicapés du Burkina Faso à rester mobiliser car « l’année 2017 est notre année » a-t-il souligné. Sans être pour autant désespéré, il espère que cette année, une solution leur sera trouvée.

Thierry AGBODJAN

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