Massacre à Yirgou : “l’extermination de la communauté peulh a été planifiée par les kogleweogo”, Daouda Diallo

Le 1er janvier dernier consacrait l’expiration d’un délai d’ultimatum lancé par les kogleweogo à la communauté peulh de Yirgou. En effet, ladite communauté aurait été sommée par le groupe d’autodéfense de quitter le village avant le 1er janvier 2019. Nous l’avons appris au cours d’une conférence de presse donnée par le Collectif contre l’Impunité et la Stigmatisation des Communautés (CISC) ce vendredi 1er février 2019. Le responsable du collectif soupçonne les kogleweogo d’avoir assassiné le chef du village en vue d’avoir un motif pour exterminer la communauté peulh.

Les massacres auraient occasionnés 210 morts.

En janvier dernier, le gouvernement burkinabè annonçait un bilan officiel de 49 morts et de plus de 3000 déplacés. Le CISC conteste ces chiffres et invite l’autorité à les rectifier. Pour, Daouda Diallo, “le nombre de morts à ce jour est de 210. Ce chiffre a été obtenu après un recensement rigoureux ménage par ménage.” Il ajoute également que “la liste va s’allonger car, le recensement se poursuit sur le terrain “.

Barry Hassan, personne ressource

Il a par ailleurs précisé qu’on enregistre 19 458 déplacés sur l’ensemble des sites. Les victimes auraient également perdu leur bétail qui s’élèverait à plus de 80 000 têtes de boeufs, de moutons… Le collectif dit avoir récolté plus de 11 millions en espèce et environ 10 millions de dons en nature le tout remit aux déplacés.

Un mois après, les suspects sont toujours libres et les exactions continuent.

Le CISC dit déplorer le fait que “les suspects qui ne se gênent pas à donner des interviews à visage découvert” soient toujours en liberté et continuent les exactions au grand dam de l’autorité judiciaire et sécuritaire. Il ressort qu’en dehors de l’annonce faite pas le TGI de Kaya, aucun acte matériel et concret n’est visible sur le terrain. Depuis le début de l’événement, 85 personnes auraient été auditionnés. On note cependant qu’il n’y a aucune arrestation à ce jour.

L’expiration d’un ultimatum comme élément déclencheur du massacre.

Les conférenciers du jour ont affirmé que les kogleweogo de Yirgou avaient planifiés le “génocide” de la communauté peulh. Un ultimatum aurait été lancé à cette communauté de quitter le village avant le premier janvier 2019. C’est à la suite de l’expiration du dit délai et de son non respect par les peulh qu’est survenu le massacre. Le CISC refuse de croire à une coincidence entre l’assassinat du Chef du village avec la date d’expiration de l’ultimatum. Le défunt chef justement est décrit par le CISC comme une personne qui était contre les exactions des kogleweogo et taxé par ceux-ci de défenseur des peulhs. La mort d’une telle personne qui visiblement mal aimée par les kogleweogo ne peut que susciter des interrogations. Pour eux, il y a visiblement anguille sous roche et il est nécessaire que la justice burkinabè fasse toute la lumière sur cette affaire avant que les preuves ne disparaissent.

Il ressort que les Kogleweogo dans le dessein d’exterminer les peulhs de 19 villages de la localité auraient reçu du renfort des kogleweogo de Boulsa, de Pissila, de Tougri…Tout porte à croire selon eux que ” l’extermination de la communauté peulh aurait été planifiée, ourdie et orchestrée par ces groupuscules sans foi ni loi”.

Une vue des hommes et femmes de médias

Pour Barry Hassan, personne ressource du CISC, c’est un génocide dont sont complices les dirigeants du pays.
Le massacre des peulh serait historique et a débuté dans sa forme la plus grave au Burkina Faso en 1986 dans la commune de Sideradougou. Depuis lors, on a enregistré plusieurs dizaines de conflits meurtriers sans jamais une sincère condamnation des faits. Pour lui, le génocide de Yirgou doit sonner la fin de la récréation. Il affirme à ce propos: ” si le génocide de Yirgou n’est pas jugé dans les plus brefs délais, tous les commanditaires, les complices et mêmes les chaînes de commandements de la sécurité, de la défense et de l’administration territoriale répondront de crime contre l’humanité “.

Nourdine CONSEIBO
nconseibo@gmail.com

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