Procès des ex-RSP : Déjà 9 qui ne reconnaissent pas « l’association de malfaiteurs »

Neuf accusés ont été appelés à la barre ce vendredi 6 janvier 2017 au cours du procès des ex-éléments du Régiment de sécurité présidentiel (RSP) qui se tient au tribunal militaire à Ouagadougou. Aucun des neuf n’a reconnu le chef d’accusation ayant trait à l’association de malfaiteurs.

Le peuple burkinabè l’attendait. Nous voulons parler du procès des ex-éléments du Régiment de sécurité présidentiel (RSP). Si depuis le début du procès, les différentes parties « se disputaient » sur la forme, elles ont en effet entamé le fond ce vendredi 6 janvier 2017 avec la comparution devant le tribunal exceptionnel mis en place pour l’occasion de 9 accusés. Tous sans exception n’ont pas reconnu le premier chef d’accusation qui est « association de malfaiteurs ». Si le parquet les poursuit pour avoir pris part à des réunions au domicile du caporal Mahdi Ouédraogo afin de s’attaquer au dépôt d’armement de Yimdi, en suite attaquer la MACA dans l’espoir de libérer les généraux Gilbert Diendéré et Djibri Bassolé, enfin de s’installer au camp Naaba Koom II, et s’en prendre à des officiers de l’armée ; tous ont répondu par la négation. A l’inverse de leur déposition devant les gendarmes et le juge d’instruction durant leur audition, aucun des neuf n’a reconnu formellement avoir pris part à ladite rencontre. Ils ont en effet basé leur défense sur la recherche de solutions afin de récupérer des matériels personnels perdus au camp Naab Koom II après la dissolution de leur corps. Le refrain était : « Je suis allé pour mes matériels qui sont perdus au camp (…), je ne suis pas resté jusqu’à la fin de la réunion ». S’ils ont reconnu que les sujets concernant l’attaque du dépôt d’armement de Yimdi, et de la libération des généraux précités ont été évoqués, ils ont souligné que ce n’était pas l’ordre du jour ; plutôt comment procéder pour récupérer les matériels perdus. Cette vraisemblable déclaration n’a pas été du goût du parquet qui n’a pas hésité de le souligner. En en effet si on en croit le commissaire du gouvernement Alioune Zanré, « il n’est écrit nulle part dans le dossier des accusés d’une réunion de réclamation de matériels ». C’est donc sans surprise qu’il a invité les accusés à dire la vérité en reconnaissant les fautes qui leur sont reprochées. Il estime que cela peut pencher la balance à leur faveur.
Si certains militaires poursuivis ont déclaré avoir appris sur place les projets d’attaque et de libération, ce qui les a amené à se retirer parce que n’épousant pas l’idée, et d’autre l’ont appris à la suite d’un compte rendu qui leur a été fait le lendemain de la fameuse réunion, ils ont reconnu à l’unanimité n’avoir pas rendu compte de la situation à leurs supérieurs hiérarchiques. Les raisons divergent d’un individu à un autre à la question de savoir pourquoi. N’ayant pas apprécié ce comportement adopté par les accusés, Alioune Zanré leur a rappelé qu’il était de leur devoir entant que militaire, de rendre compte à leurs supérieurs hiérarchiques comme le signifie le code militaire. Il rappelle à cet effet : « Le compte rendu libère le subordonné ».

L’enregistrement qui a nourri les échanges

Il s’agit ici de la pièce I 150. C’est un enregistrement audio si on en croit les avocats de la défense qui a été retranscrit par le juge d’instruction et que le parquet a présenté comme preuve de la présence du 2e classe Abdoul Aziz Yiougou lors du procès. Si le commissaire du gouvernement insiste sur sa recevabilité en évoquant l’article 427 du code militaire, la défense n’était pas de cet avis. Tour à tour, les différents avocats commis d’office ont avancé des arguments avec des articles à l’appui pour démontrer le contraire. Ils ont également demandé à ce qu’il soit retiré du dossier car pour certains, elle n’est pas sous scellé. Pour d’autres, la dite retranscription a été faite sans le respect de la loi. Il faut dire que cette pièce a suscité énormément de débats entre les différentes parties. Après délibération, le président du tribunal a déclaré avoir pris acte et se réserve le droit de se prononcer à la fin de la première phase du procès.
Il faut souligner que durant les échanges, les avocats des accusés ont clairement accusé un certain Claude Ido d’être ce lui qui a remis le fameux enregistrement au parquet. Afin d’assurer des échanges contradictoires durant le procès, ils ont souhaité qu’il comparaisse afin d’être soumis à un questionnaire ; malheureusement le ministère public s’y est opposé. Il a confié que l’enregistrement ne vient pas de lui et a refusé de dévoiler sa source d’information qui est protégée par la loi ; de même que le support de l’enregistrement en question. Si la défense a demandé que ladite pièce soit retirée du dossier c’est parce qu’elle estime que l’enregistrement dont il est question ici n’est pas authentique. Elle a souhaité qu’il soit authentifié par un expert afin de dissiper tout doute.
Il faut souligner que certains accusés mis à part l’« association de malfaiteurs » sont également poursuivis de « détention d’armes et de munitions de guerre ». A l’inverse du premier chef d’accusation, ils ont reconnu ce qui leur est reproché à quelques détails près et ce sont défendus tant bien que mal.
Le procès a été suspendu après la comparution du 9ème accusé et sera repris ce samedi 7 janvier 2017 à 8 heures du matin.

Par Alex SAWADOGO

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