Procès putsch manqué : Le Capitaine Zoumbri contexte le rapport d’expertise

L’interrogatoire du capitaine Oussène Zoumbri s’est poursuivi le mardi 18 septembre 2018 dans la salle des banquets transformée pour l’occasion en Tribunal militaire. L’interrogatoire pour son deuxième passage à la barre a tourné autour des messages échangés avec le lieutenant Limon et le rapport de l’expertise faite pour ce qui est desdits messages.

L’on se rappelle que lors de l’interrogatoire du Lieutenant Limon en poste au ministère de la défense, ce dernier avait été accusé d’avoir échangé avec le capitaine Oussène Zoumbri des messages qui ont pour but d’assoir le coup d’Etat. Le lundi 17 septembre 2018, le sujet a refait surface. Le parquet est revenu là-dessus ce mardi 18 septembre 2018. Tout comme le lieutenant, le capitaine qui avait reconnu avoir échangé des messages avec le l’officier Limon ; va refuser de reconnaitre les messages compromettants. Il est resté sur cette défense lors de son deuxième passage à la barre quand l’avocat de la partie civile, Me Séraphin Somé lui a demandé de dire au Tribunal les messages qu’il a échangés avec celui qu’il considère comme son ami de longue date étant donné qu’il reconnait avoir échangé avec lui des messages, mais rejettes ceux compromettants. La réponse de l’accusé sera la suivante : « j’ai échangé beaucoup de messages avec lui, mais je ne suis plus en mesure de faire le tri. Cependant, les messages qui m’incriminent je ne les reconnais pas ». Il profite par la même occasion, pour remettre en cause l’expertise qui a été faite par rapport aux messages qu’il a échangés avec son ami. Son conseil, Me Adrien Nion fera de même. Il ne va pas hésiter à critiquer le travail fait par le l’expert. Les arguments avancés par les deux hommes ne vont pas convaincre l’avocat de la partie civile, qui va déclarer : « pour moi l’expertise est intègre et ne peut être retiré du dossier. Vous ne l’avez pas contestée ni formulé une requête, chose que la loi vous permettait. Donc, ne venez pas le remettre en cause aujourd’hui ». Me prospère Farama aussi avocat de la partie civile va partager l’avis de son confrère. Il estime que pour ce qui est du rapport, un avocat peut dire qu’il est grossier, qu’il est monté de toutes pièces. A l’en croire, c’est normal et la loi ne l’interdit pas. Cependant, il rappelle qu’il ne suffit pas de le dire, mais d’apporter les éléments juridiques qui attestent cela.
Au regard des observations faites par le camp d’en face, l’on est tenté de dire que l’accusé n’a donc pas réussi à convaincre et le parquet, et la partie civile qui l’ont accusé de ne s’être pas opposé au putsch. Ne partageant pas leur point de vue, L’avocat du prévenu, Me Adrien Nion va reconnaitre que toutes les questions sont permises, tout en rappelant au camp d’en face qu’il est mieux de se situer dans le contexte où se situait son client. Il déclare : « il vous a dit qu’au camp c’était comme dans une jungle, où chacun se baladait avec sa kalache. Comment voulez-vous que dans ces conditions, qu’il déclare qu’il est contre le putsch ».
Ont-ils réussi à semer le doute chez le parquet ? peut-être oui car, le procureur militaire va conclure en affirmant qu’à la lumière des éléments contenus dans le dossier et des déclarations faites par le capitaine à la barre, le parquet a constaté qu’il n’a pas participé à l’arrestation du président de la Transition. Il relativise en soulignant qu’il a pris part à la rencontre avec la délégation des sages ; rencontre au cours de laquelle il a affirmé, il cite : « vous êtes utopistes de penser que la Transition ira au bout ». Au regard de ces éléments, le procureur conclut que les dispositions de l’article 67 étant clairs, le capitaine Oussène Zoumbri est coupable des faits de meurtre et de coups et blessures qui s’en sont suivis.

Thierry AGODJAN

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