Produits impropres à la consommation : des commerçants imputent la faute aux services des douanes

Les commerçants de la fédération SOMKIETA ont donné une conférence de presse ce jeudi 28 mars 2019 à Ouagadougou dans l’objectif de mettre à nu des comportements « malsains et antirépublicains » de certains agents de l’Etat burkinabè. La fédération s’est dite inquiète par rapport à la situation économique précaire du pays que certains fonctionnaires de l’Etat contribuent à dégrader de jour en jour. Pour eux, les services des douanes sont complices de la pénétration de produits impropres à la consommation sur le territoire burkinabè.

Des commerçants ont déploré la situation économique du Burkina Faso qui selon eux est précaire depuis quelques années. Ils imputent la responsabilité de cette situation d’une part au ralentissement de l’activité économique dû à la montée du terrorisme et d’autres parts au comportement « malsain et antirépublicain » de certains agents de la fonction publique. Pour eux, « la corruption, la fraude, la falsification de certains emballages,… »,sont les maîtres mots du monde économique burkinabè.

La fédération pointe du doigt les services des douanes qui seraient selon eux responsables de la pénétration de produits impropres à la consommation sur le territoire burkinabè. Le secrétaire général de la fédération Bouriema Kaboré a estimé que l’absence de contrôles rigoureux des marchandises négligés à dessein par les douanes contribue à faciliter toutes sortes de trafiques. « Le fait que les douanes ne décharge pas les camions pour contrôler ce qu’elles contiennent, ou qu’elles n’utilisent pas le scanner pour déterminer le contenu des véhicules permet l‘entrée des produits frelatés, des armes,… », a-t-il précisé.

Une vue de l’assistance

Il est aussi convaincu que les douanes travaillent en déphasage avec les closes de l’Organisation Mondiale du Commerce (OMD) et de la CEDEAO. « Les organismes auxquels le Burkina Faso a souscrit tels que l’OMD et la CEDEAO ont établi un barème clair d’imposition de dédouanement. Ce barème se base sur la valeur de la marchandise et non sur son volume. Les services des douanes burkinabè font tout le contraire » a-t-il ajouté.

En septembre 2018, l’Etat burkinabè mettait fin au contrat du bureau d’inspection du commerce inter-frontalier COTECNA. La fédération SOMKIETA pense que la situation des commerçants s’est empirée après cette rupture de contrat car, il n’existe plus de contrôle qui permette d’empêcher que des esprits malins usent de multiples subterfuges savamment orchestrés pour spolier le marché burkinabè avec des produits de piètre qualité.

Le président de la fédération El Adj Lassané Ouedraogo nous explique que pour soumissionner à un marché public, les PME sont tenues de disposer des documents obtenus après payement de leurs impôts auprès des agents de recouvrement de l’Etat. Seulement, depuis peu, les commerçants n’arrivent plus à payer leurs impôts et n’ont pas de documents pour postuler au marchés publics car, les agents de recouvrement prétextent la défaillance du réseau informatique pour ne pas recouvrir l’impôt. Cependant, il affirme que certaines PME réussissent à payer leurs dûs en y versant quelques pots-de-vin. Il se dit convaincu que la « défaillance du réseau informatique » relève de la mauvaise foi.

Pour améliorer la situation économique du Burkina Faso, les commerçants ont proposé que le gouvernement trouve le moyen de combler le vide laissé par COTECNA, de mettre en place un comité composé des agents de l’économie, de la sécurité, de la défense et des organisations de lutte contre la corruption et la fraude en vue de mettre de la transparence et de la clarté dans la gestion de la chose public.

Ahmed CISSE

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