Situation au sein des Compagnies républicaines de sécurité (CRS) : Mécontents, les policiers exposent la situation

Au cours d’une conférence de presse animée par l’Union nationale de la police (UNAPOL), les policiers ont expliqué les raisons de leur mécontentement en exposant la situation qui prévaut actuellement à la Police nationale. C’était le 19 avril 2017 au Centre national de presse Norbert Zongo, à Ouagadougou.

L’Union nationale de la Police (UNAPOL) reste stoïque et sourde face aux appels  et aux « intimidations » du ministre en charge de la Sécurité. Elle a  exprimé son mécontentement face à la non-satisfaction de sa plateforme revendicative lors d’une rencontre avec la presse le 19 avril dernier. « Cette conférence de presse est une réponse à la sortie médiatique du ministre le 18 avril dernier à propos de la question du service payé. Il s’agit pour nous d’éclairer la lanterne du ministre, parce qu’on a l’impression qu’il ne maîtrise pas les contours de son ministère », a laissé entendre l’UNAPOL. Celle-ci est assez remontée compte tenu du fait que « pendant que la Compagnie républicaine de sécurité (CRS) s’attendait à ce que le ministre reconnaisse la mauvaise gestion qui caractérise la Direction de la police nationale, il s’est appesanti sur ses propres états d’âme et s’est lancé dans une tentative d’intimidation en parlant d’une liste d’agents qui a été établie avec des personnes qui risqueraient leurs emplois si elles ne retournent pas  occuper leur poste ». Pour le syndicat des policiers, de telles insinuations sont inadmissibles. « Monsieur le ministre d’Etat, les policiers ne sont pas indisciplinés, ils sont dépités, humiliés, piétinés », a lancé le Secrétaire général (SG) de l’UNAPOL, Wakilou Senou, commissaire de police. Et ce qui semble faire mal au syndicat, est que, selon les propos du SG, « les policiers avec leur hiérarchie en tête sont humiliés au quotidien par certaines décisions du ministre. Ils broient alors du noir, rongent leur frein en attendant une éventuelle levée de soleil ». D’où cette phrase de l’UNAPOL à l’endroit du ministre de la Sécurité, Simon Compaoré : « Depuis une année que vous êtes là, le moral de la troupe au sein de la police n’a jamais été aussi bas ». Selon les dires du SG de l’UNAPOL, celle-ci ne réclame pas beaucoup, juste la satisfaction de sa plateforme revendicative qui comporte six points. Donc, « vouloir ramener la plateforme à la seule question du service payé ou user de l’intimidation pour apeurer la troupe, est une vaine tentative, et le calme apparent observé par les policiers n’est dû qu’au respect qu’ils ont pour les vaillantes populations du Burkina Faso », a déclaré le SG.

« Qu’on nous donne le droit d’investiguer et nous allons lui apporter des preuves »

Au cours de la conférence de presse du 19 avril dernier, Wakilou Senou a martelé ceci : « Nous ne refusons pas de faire le service public, mais nous refusons de faire le service payé pour enrichir des individus tant que nous n’aurons pas réussi à voir clair dans cette affaire. » Les policiers en veulent aussi au Premier ministre qui « n’a jamais tenté de rencontrer les policiers, afin de s’imprégner de leurs problèmes réels ». A la question de savoir si l’UNAPOL a pu réunir les preuves que le ministre a demandées par rapport à son accusation de « gestion douteuse » des services payés, son SG a lancé ceci : « Qu’on nous donne le droit d’investiguer et nous allons lui apporter des preuves . Et à la hiérarchie policière de montrer patte blanche ».

Concernant le compte 49 ou « caisse noire », le SG a expliqué qu’il s’agit au fait d’une caisse contenant des fonds qui devaient servir à l’achat d’équipement, mais personne ne sait combien de F CFA cette caisse contient et comment elle est gérée, d’autant plus qu’à la Police nationale, il se pose un problème crucial d’équipement alors que la caisse est ravitaillée par les 20% prélevés sur chaque contravention.

Qu’à cela ne tienne, le SG de l’UNAPOL a tenu à rassurer leur ministre de tutelle en ces termes : « La satisfaction de la plateforme vous assurera un calme olympien au sein des casernes de la Police sur toute l’étendue du territoire national ». Par ailleurs, l’UNAPOL a fait savoir qu’elle n’est à la solde d’aucune chapelle politique et a même « mis au défi quiconque voudrait prouver que l’UNAPOL est l’instrument d’un parti adverse ou de quiconque ». C’est donc un secret de polichinelle de dire que le torchon brûle entre le syndicat des policiers et le ministre en charge de la Sécurité. Que feront les policiers face à une possible répression de leur lutte ? En attendant « En 2011, 136 éléments de la Police ont été licenciés suite à un mouvement, en 2017 ce ne sera pas ainsi, sinon « le plus rien ne sera comme avant n’aura pas son sens » », a déclaré le Wakilou Senou, SG de l’UNAPOL, en guise de conclusion.

Dieudonné LANKOANDE

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