ENAM : Le diplôme d’excellence en administration publique est né

Le ministre en charge de la fonction publique, Clément P. Sawadogo a animé un point de presse, ce jeudi 20 avril dernier. Conférence dont l’objectif était de porter à la connaissance des fonctionnaires de catégorie A1 et des cadres des secteurs parapublic et ou privé, le projet de diplôme d’excellence en administration publique de l’ENAM. Avec l’aval du gouvernement, la rentrée académique de la première promotion sera fixée en octobre 2017. La définition et la mise en œuvre du schéma pédagogique seront assurées par l’Ecole nationale d’administration publique (ENAP) de Québec au Canada.

Le ministre de la fonction publique, Clément P. Sawadogo était entouré du directeur général par intérim de l’ENAM, Justin Cyprien Ilboudo, le responsable Master d’excellence, Mathieu Carrier et du responsable pédagogique pôle d’excellence. Dans sa déclaration liminaire le ministre a dit que le diplôme d’excellence de l’Ecole nationale d’administration et de magistrature sera une formation de haut niveau en administration publique offerte par l’ENAM et l’Ecole nationale d’administration publique (ENAP) de Québec-Canada. Il est prioritairement ouvert aux fonctionnaires de catégorie A1 (Ndr, 25 places) de l’administration publique répondant aux critères fixés par l’ENAM et l’ENAP.

Accessoirement, un quota (Ndr, 5 places) sera accordé aux cadres des secteurs parapublic et ou privé, avec des conditions de diplôme et d’expérience requérant d’avoir au moins une licence universitaire et une expérience professionnelle pertinente de 5 ans dans la catégorie A1. La durée de la formation est entre 24 et 30 mois (en présentiel, en ligne et/ou en visioconférence) dans les filières de gestionnaires, analystes et de chercheurs en administration publique. Et le ministre Sawadogo de préciser : « Les cours se dérouleront pendant les heures d’ouverture des services, du lundi au samedi. Ils seront organisés en sessions ». Quant au processus de recrutement, il comprendra une présélection des candidats par concours, un entretien avec un jury, puis une sélection définitive par l’ENAP, poursuit-il.

A en croire, le ministre en charge de la fonction publique, le diplôme d’excellence en administration publique de l’ENAM vient à point nommé : « Les aspirations légitimes de justice, paix sociale et de démocratie exprimées sans équivoque ces dernières années par le peuple burkinabè commandent une gouvernance vertueuse et efficace, tournée vers la production de résultats pertinents et garantissant la liberté et l’équité ». Ainsi, en termes de perspectives, le diplôme offrira essentiellement le diplôme Canadien « Maîtrise en administration publique » de l’ENAP du Québec, équivalent au Master d’excellence en administration publique dans le système français.

Mathieu Carrier, responsable Master d’excellence ENAP-Québec

Aussi contribuera-t-il à faciliter l’accès au programme doctoral en administration publique de l’ENAP pour les titulaires du diplôme d’excellence de l’ENAM et à inscrire les titulaires du diplôme d’excellence de l’ENAM dans le pool d’experts qui servira de vivier prioritaire. Ceci, en vue d’assurer des postes de haute responsabilité dans l’administration publique.

5 millions pour la formation

Sur la question du coût de la formation, le directeur général de l’ENAM rétorque : « Nous avons évalué le coût de la formation, par étudiant, à environ 5 millions de F CFA. Mais l’implication directe de notre ministère pourrait donc avoir un effet favorable au niveau des étudiants ». Les journalistes ont, également, voulu en savoir sur l’apport du diplôme dans la carrière d’un étudiant. En réponse, le ministre Sawadogo a déclaré : « c’est un volet que nous allons laisser le soin au gouvernement de trancher (…) Mais, il n’est pas exclu que les apprenants qui sont sélectionnés conformément aux dispositions de la loi 081 et qui ont l’ancienneté requise, qui sont mis en position de stage normalement, puissent effectivement à leur sortie bénéficier d’un reclassement ».

Le ministre de la fonction publique Clément P. Sawadogo

Par la suite, il a justifié leur choix de s’orienter vers le monde anglo-saxon pour la définition et la mise en œuvre du schéma pédagogique. « L’ENAM doit diversifier ses sources d’inspiration scientifique, pédagogique et également sa coopération. De ce fait, nous avons l’obligation de puiser partout dans le monde pour trouver des sources qui vont améliorer nos connaissances et notre efficacité. C’est pour cette raison que nous avons ciblé l’ENAP-Québec, qui du reste, est une école de grande renommée ».

Dans l’optique d’assurer le bon déroulement des cours en visioconférence, l’ENAM a pris des mesures. « Pour que la visioconférence puisse fonctionner à merveille, nous prévoyons une extension à 4 Mo de débit de connectivité. En principe tout devrait aller. Toutefois, s’il y a des problèmes, il y a toujours les trois modes de diffusion qui pourront faire l’affaire. En plus de la plateforme de formation », rassure le DG. 

Et si le gouvernement ne vous suivait pas dans le projet ? Ont demandé les hommes de médias. « Il y a des choses qu’on ne prendrait pas des risques d’aller par anticipation pour parler. Mais pour ça quand même, c’est un projet dont beaucoup de gens sont au courant. Ils ont eux-mêmes autorisé que nous fassions des missions et discussions. Ce n’est pas à la dernière minute qu’on va faire machine arrière », a dit le ministre Sawadogo. Puis au responsable Master d’excellence ENAP-Québec, Mathieu Carrier, de conclure : « A la fin de la formation, les étudiants vont produire un travail de 25 à 35 pages leur permettant d’explorer la problématique, le tout sous le soutien d’un professeur. L’approche, elle est collective en partie mais elle est visualisée à la fin pour permettre aux étudiants d’avoir des applications concrètes dans leur vie de travail ».

Dieudonné LANKOANDE

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