Situation économique du Burkina : « L’argent qui circulait était le fruit d’un tour de passepasse » a déclaré Paul Kaba Thiéba

Le chef du gouvernement Paul Kaba Thiéba était face aux députés le vendredi 14 avril 2014. Après que ce dernier a présenté l’état de la situation nationale, il s’est prêté aux questions des élus du peuple.

« L’argent ne circule plus au Burkina Faso ». Il n’est pas rare d’entendre cette phrase à longueur de journée ces derniers temps. C’est ce que pensent certains qui estiment que depuis la prise du pouvoir du régime actuel, la situation économique du Burkina Faso se fragilise de plus en plus. C’est bien sûr leur point de vue, qui n’est pas partagé par le Premier ministre Paul Kaba Thiéba qui fait une toute autre lecture de la situation. Sa réponse donc à ceux qui n’hésitent pas à égratigner son gouvernement ne s’est pas fait attendre. D’après lui, ceux qui disent que l’argent ne circule pas, sont les nostalgiques de l’ancien système. D’après lui, ses détracteurs avaient pris goût à une mauvaise gouvernance économique mise en place par l’ancien régime. Il estime à cet effet que l’argent qui circulait était le fruit d’un « tour de passepasse » qui comme résultat, après près de 60 ans d’indépendance a maintenu le pays dans le statu quo en termes d’indicateurs de développement humain. Pour lui, c’était tout simplement de la corruption généralisée. Les nouveaux patrons au pouvoir, dans un souci de se démarquer de la politique de l’ancien régime, ont fait de la lutte contre la corruption, une priorité. Et d’après le Premier ministre, aujourd’hui, son gouvernement essaie d’assainir l’économie afin que l’argent circule dans des circuits normaux.
Pour ce qui est de la pénurie d’eau, le chef du gouvernement a rassuré la population de Ouagadougou sur le fait que ses soucis seront du passé dans un bref délai. La solution si on l’en croit est le projet Ziga II, qui aura un apport de 130 000 m3 par jour, alors qu’actuellement, le déficit quotidien dans la capitale est de 48000 M3. « Il y aura donc une situation excédentaire à Ouagadougou jusqu’en 2030 », a-t-il soutenu. C’est donc pour dire que la fin des corvées d’eau promis par le président du Faso, Roch Marc Christian Kaboré dans son programme quinquennal, sera une réalité d’ici la fin de son mandat a relevé le chef du gouvernement. Par anticipation, il a rappelé à ses détracteurs que la corvée d’eau, c’est pour l’ensemble du quinquennat. « Ce n’est pas en 2017 qu’on demandera au gouvernement de Paul Thiéba pourquoi il y a encore des corvées » a-t-il soutenu. Toujours optimiste, le chef du gouvernement a confié que l’on est déjà dans le processus et que dès 2019 l’objectif sera atteint.

L’avenir du franc CFA une question délicate

Depuis un certain temps, les pays africains utilisant le francs CFA sont divisés en ce qui concerne, l’abandon de la monnaie ou pas. Invité à se prononcer sur la question, l’économiste de formation, est resté flou sur sa position. Il estime que le débat sur la monnaie considérée par certains comme étant une monnaie coloniale est une question compliquée qui ne doit pas être discutée en public. Il y est catégorique parce que « cela peut avoir des conséquences sur la stabilité de notre monnaie et l’évolution des aires d’échanges » a-t-il soutenu. Toujours sûr de lui, le patron de l’exécutif burkinabè a confié que sa conviction à lui, est qu’il faut mettre en œuvre des réformes structurelles qui sont de nature à créer une compétitivité hors prix, sans se focaliser sur les questions du régime d’échange et de la monnaie qui ne sont pas forcément ce qui mènera sur la voie du développement. Se basant sur l’exemple du Ghana, de la Gambie, de la Guinée, qui ont leur propre monnaie et qui malgré tout, se battent encore pour aller vers le développement selon ses mots ; estime qu’au Burkina Faso, nous avons déjà beaucoup à faire avant de nous attaquer à la monnaie. Abandonner le franc CFA ou pas est une question secondaire selon Paul Kaba Thiéba. La priorité selon lui, est de penser à la productivité agricole, à la compétitivité de l’économie, sans tenir compte de régimes d’échanges.

Par Thierry AGBODJAN (Aujourd’hui au Faso)

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