Demande de démission du président Faure Gnassingbé par l’opposition : « Nous sommes favorables à l’alternance » dixit le ministre de la Fonction publique, Gilbert Bawara

Les ministres togolais de la Fonction publique, Gilbert Bawara et de la Sécurité et de la Protection civile le colonel Yark Damehane étaient face à la presse burkinabè le mardi 3 octobre 2017. Ils ont échangé sur la situation politique qui prévaut au Togo actuellement.

De passage dans la capitale burkinabè selon leur dire, les ministres togolais de la Fonction publique, Gilbert Bawara et de la Sécurité et de la Protection civile le colonel Yark Damehane ont rencontré les hommes de médias avec qui ils ont échangé sur la situation politique qui prévaut actuellement au Togo. Si hors des frontières togolaises, l’on a l’impression que la situation que vivent les fils et filles de ce pays frontalier au Burkina Faso est critique, à en croire les deux membres de l’exécutif togolais, ce n’est pas le cas. Selon le ministre de la Fonction publique Gilbert Bawara l’information rapportée par certains médias est que les manifestations ou les marches au Togo sont réprimées dans le sang ou même qu’elles ne sont pas autorisées. A l’en croire cette information n’est pas vraie. Il confie qu’au Togo, la liberté d’organiser des marches ou des manifestations existe belle et bien. Pour preuve indique-t-il, après les élections de 2010, l’opposition a organisé tous les samedis des marches ce qui prouve que le parti au pouvoir ne l’a jamais empêché de manifester. Tout récemment rappelle-t-il, le président du Parti nationaliste panafricain (PNP) Atadjame Tikpi, l’homme qui est à la source des récentes manifestations qu’a connu le pays avait déjà organisé des marches cette année avant celle qui aura coûté la vie à des citoyens burkinabè ; sans qu’il y ait d’incidents, de dérapages ou de violences a-t-il soutenu. Si celle du 20 août dernier n’a pas été pacifique comme les précédentes, c’est parce qu’il y a une volonté d’agression et d’attaque des forces de sécurités et de défense de la part des organisateurs a souligné le ministre. Il justifie ses propos par le fait que des manifestants ont arraché des armes des mains des militaires qui gardaient des banques et ont même trainé ces derniers dans le sang sans qu’ils ne réagissent afin d’éviter un carnage. Tout en condamnant cette volonté des organisateurs de la marche, il a déploré par la même occasion les bavures enregistrées du côté des forces de l’ordre, qu’il n’a pas manqué de condamner également.
Pour ce qui est des réformes voulues par l’opposition, Gilbert Bawara a confié que le gouvernement a démontré sa volonté de faire des réformes. Il soutient qu’il les fera d’ailleurs. Le souhait de l’exécutif selon lui, est que la représentation nationale trouve un consensus afin de faire lesdites réformes. C’est donc sans passer par quatre chemins qu’il a qualifié le retrait des propositions de l’opposition tout comme son retrait lors de la session parlementaire comme étant une volonté de prise en otage du processus démocratique.
Il est important de rappeler qu’afin de trouver un dénouement heureux à cette crise qui secoue la classe politique togolaise le parti au pouvoir s’est rendu disponible en ce qui concerne la limitation du mandat présidentiel. La où se trouve le blocage actuellement, c’est la question liée à la rétroactivité de loi. Si chaque camp est resté campé sur sa position, le ministre de la Sécurité et de la Protection civile le colonel Yark Damehane espère que le bon sens va prévaloir. Son collègue de la fonction publique garde le même espoir car « hormis cela, point de salut » a-t-il rappelé. Il confie que le gouvernement est ouvert au dialogue tout comme il est favorable à l’alternance a-t-il rassuré. Cependant réplique le colonel Yark Damehane, il n’est pas question d’une démission du président Faure Gnassingbé ; « en le faisant il aura trahi ses électeurs » a soutenu l’officier. Son avis est partagé par Gilbert Bawara qui estime qu’on soit de l’opposition ou du pouvoir, il faut le respect des règles pour avancer. S’il n’est pas rare de voir dans des pays africains l’armée profiter des situations de crise pour opérer un coup d’Etat, le colonel Yark Damehane est catégorique, cela n’arrivera pas au Togo. Il estime que l’armée togolaise est républicaine et son collègue d’ajouter : « elle est neutre ».
Il faut souligner que les deux hommes ont été accueillis à leur arrivé dans la capitale burkinabè par le ministre en charge des affaires étrangères, Alpha Barry. Lors des échanges avec la presse, les deux hommes n’ont pas voulu dévoiler les raisons de leur visite au pays des hommes intègres.

Thierry AGODJAN

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