L’Aïd El Kébir : Les clients se plaignent du coût trop élevé des moutons, les vendeurs se défendent

Qui dit Tabaski, dit fête de moutons. Cette fête musulmane se tient une fois par an, et elle symbolise un moment de partage pour les fidèles musulmans. Chaque année, les éleveurs de bétail profitent de l’occasion pour se faire un peu d’argent grâce à la vente des bétails en l’occurrence les moutons. Cette année encore, ils n’ont pas dérogé à la règle. Depuis quelques jours, ils sont nombreux à avoir pris d’assaut les marchés de bétails, certains pour l’occasion créés de minis marchés afin de liquider leurs produits. Dans un contexte économique difficile pour les burkinabè nous sommes allés à la rencontre de certains vendeurs et acheteurs le mercredi 30 août 2017 à Ouagadougou. Ils n’ont pas hésité à s’exprimer. Les vendeurs sont déçus, les acheteurs se plaignent du coût élevé des moutons.

A deux jours de la fête des moutons, ce n’est pas la joie chez les vendeurs des moutons. Ils sont unanimes, les affaires cette année ne sont pas du tout enviables. Selon Abdoul Razak Sawadogo, les moutons sont là, mais les acheteurs manquent. A l’en croire, ils sont nombreux à venir se renseigner sur les prix des moutons, mais ils sont peux à en acheter. Comme exemple, il confie que sur une quarantaine de moutons qu’il a mis sur le marché, il n’a vendu seulement que deux tout le long de la journée du mercredi 30 août 2017. Selon ses dires, la journée du mercredi est encore meilleure que celle du mardi 29 août, où il n’a vendu qu’un seul mouton. Il explique que la plupart des clients avance l’argument selon lequel les prix ne sont pas à leur portée. Le vendeur rappelle les prix des moutons qui selon lui, varient entre 50 000 francs et 150 000 francs CFA. Il faut dire qu’il n’est pas le seul à se plaindre de la morosité du marché. Ces propos : « nous avons des moutons à vendre, mais le marché n’est pas encourageant », de Adama Simporé vendeur aussi, corroborent ses plaintes. Il confie que depuis cinq jours, il n’a vendu que quatre moutons ; et pour la journée de ce mercredi, il n’en a vendu qu’un seul. Tout comme Abdoul Razak Sawadogo, il confirme l’argument des acheteurs selon lequel, les prix des moutons sont trop chers. Ce n’est pas de leur faute a-t-il soutenu. Pour sa défense, il rappelle qu’un mouton pour son alimentation, consomme au moins 500 francs par jour, sans compter les frais de vaccination, le prix d’achat, et autres. Pour sa part, vendre les moutons en dessous des prix fixés constituera une perte pour les éleveurs.

Avis non partagé par les clients

Il faut dire que les acheteurs à l’image de Madi Sanwidi ne sont pas de cet avis. Le client qui n’a pas pu acheter le mouton qu’il voulait à cause du coût élevé, estime que les éleveurs exagèrent en voulant récupérer sur chaque mouton ce qu’ils ont investi dans l’élevage. Tout comme les autres acheteurs, il trouve les prix trop élevés. Il ne désespère pas pour autant. Il a en effet confié patienter la veille de la fête soit le jeudi 31 août 2017 pour acquérir son mouton avec l’espoir que les vendeurs seront dans l’obligation de réduire les prix de vente au risque de ramener les moutons au bercail. Ablassé Tiendrébéogo un autre acheteur déçu, espère trouver un peu d’argent dans la journée d’aujourd’hui afin de compléter le manquant pour que la fête soit belle chez lui. Dans le cas contraire, il dit n’avoir d’autres choix que d’acheter du poulet, car « un mouton de 50 000 francs CFA ne vaut rien ». « Si tu l’achètes, cela ne va pas suffire à la famille, pour espérer partager aux voisins et amis » a-t-il renchéri. Si les vendeurs demandent la compréhension des clients, ces derniers en font de même. C’est l’exemple de Mahamadi Ouédraogo qui n’a pas pu acheter son mouton pour la raison déjà évoquée. Il invite les vendeurs à être compréhensible car « actuellement rien ne va dans le pays, les gens son pauvres » a-t-il soutenu. Comme Ablassé Tiendrébéogo, son plan B reste les poulets.

Le malheur des uns fait le bonheur des autres

Si les moutons sont chers, il semble que ce n’est pas le cas des poulets que certains clients n’hésitent pas à acheter pour faire la fête le 1er septembre 2017. C’est l’exemple de Fatimata Barro. La dame qui a acheté cinq poulets à Aboubakar Sana explique que c’est par faute de moyens qu’elle est obligée d’acheter lesdits polulets. Comme ses prédécesseurs, elle a confié le coût élevé des moutons et estime qu’avec les poulets qu’elle vient d’acheter, accompagner de quelques kilogrammes de poisson, la fête sera belle chez elle aussi. Il faut donc le reconnaitre, qu’ils sont nombreux désireux d’acheter du mouton, malheureusement par faute de moyens, ils se contentent du poulet. Ce ne sont pas les vendeurs de poulet qui diront le contraire. Si on en croit Aboubakar Sana vendeur de poulet installé à quelques mètres des vendeurs de moutons, il n’a pas besoin de se plaindre car il a arrive à vendre sa volaille. Comme exemple, il a confié être venu s’installer aux environs de midi ce mercredi 30 août 2017, et jusqu’à 16 heures, il a vendu une vingtaine de cette volaille. Chez lui, les affaires marchent et c’est la raison pour laquelle, il espère vendre plus qu’une vingtaine au cours de cette journée du jeudi 31 août. Il explique que les prix de ses poulets varient entre 3000 et 3500 francs CFA. Vraisemblablement, les vendeurs de montons n’ont pas encore dit leur dernier mot. Etant donné que chacun se bat pour se faire de l’argent, Abdoul Razak Sawadogo a invité les fideles musulmans, à venir acheter les moutons. S’il reconnait que la situation économique dans le pays n’est pas au beau fixe, il se dit convaincu qu’à travers les échanges, chaque partie aura gain de cause.

Thierry AGBODJAN

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