Lynchage à Nafora : Pour l’ UNAPOL, Thomas Sankara n’aurait pas rêvé d’un Burkina pareil

Les policiers sont en deuil ce lundi 14 janvier 2019 suite au lynchage de deux de leurs collègues à Nafora dans la région des cascades samedi dernier. Nous l’avons appris au cours d’une conférence de presse donnée par l’UNAPOL ce jour à Ouagadougou. Pour les flics, cet événement est inadmissible et inacceptable et il clair que Thomas Sankara n’aurait pas rêvé d’un Burkina pareil.

L’Union Police Nationale (UNAPOL) a exprimé ce matin son désarroi vis à vis du comportement de sa hiérarchie d’une part et la population d’autre part.
Il ressort pour eux que les “policiers sont orphelins” au regard de toutes les injustices et le délaissement de l’autorité dont la police nationale fait l’objet. Le syndicat estime que l’État est responsable de la situation actuelle dans la mesure où c’est l’État lui même qui crée “les conditions pour affaiblir sa principale force de sécurité”.

“Nous rappelons à la population et aux autorités de ce pays que les policiers sont aussi des burkinabè et comme elles, elles ont aussi le droit à la vie et bénéficie de l’ensemble des droits de l’homme garantie par la constitution et les instruments juridiques internationaux”, précise Zongo Bonsdawende Armiyaho, responsable du syndicat.

Une vue des participants

Il se demande également si le Burkina Faso conserve toujours son statut de république? Car, si tel était le cas, des actes comme celles qui se sont produites à Nafora ne peuvent passer sous silence. En outre, ces actes traduisent une ” ingratitude” de la population à l’endroit des policiers selon lui car, renchérit-il: “avec ça, on nous demande de protéger le pays, de protéger la population, de nous sacrifier pour elles”.

Les policiers sont visiblement remontés ce matin contre le Premier ministre et la hiérarchie policière. A l’endroit de ce dernier, il lui est reproché de n’accorder “aucune importance ni aucun intérêt à la situation que vivent les policiers”.
Quant à la hiérarchie, l’UNAPOL l’appel à la “responsabilité” et d’éviter d’envoyer des policiers dans “des missions suicidaires”.

Le syndicat dit porter plainte contre tous ceux qui ont participé “d’une manière ou d’une autre à la réalisation de ces actes ignobles “.

“La situation du pays est telle qu’on est convaincu que Thomas Sankara n’aurait pas rêvé d’un Burkina pareil”, poursuivent-ils. Pour eux, rien ne peut justifier le lynchage de samedi dernier à moins, qu’on “est perdu notre humanité”, concluent- ils

Nourdine CONSEIBO
nconseibo@gmail.com

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