Massacre à Yirgou : « Plusieurs peulhs membres des kogleweogo tués, égorgés par leurs camarades » selon le CISC

Le Collectif Contre l’Impunité et la Stigmatisation des Communautés (CISC) a donné une conférence de presse ce mardi 08 janvier 2019 pour partager ses préoccupations sur la situation qui s’est produite à Yirgou dans la région du centre nord le 1er janvier dernier. Pour le collectif, les « atrocités » commise à l’encontre de la communautés peulh de la localité méritent punition à la hauteur du forfait.

« Le 1er janvier 2019, l’assassinat de 06 personnes dont le chef de village par des individus armés non identifiés dans le village de Yirgou dans le Sanmatenga a conduit à des actions de représailles indiscriminées contre des personnes appartenant à la communauté peulh, par des éléments du groupe d’autodéfense communément appelés « Koglweogo » sous le prétexte fallacieux qu’ils seraient des terroristes. Ces représailles indiscriminées d’une violence inouïe ont consisté en une chasse à l’homme et à des exécutions sommaires de plusieurs peulhs tués à bout portant par des armes à feu ou carrément « égorgés », affirmations du responsable du CISC Daouda Diallo.

Hassan Barry, personne ressource

A en croire Daouda Diallo, les conflits intercommunautaires, qu’il ne conviendrait plus d’appeler « conflits agriculteurs-éleveurs » ont occasionné plus de 200 morts entre 2004 et 2015 sur toute l’étendue du territoire national burkinabè. Il est à noter cependant selon lui, que ces crimes pour la plupart restent impunis.

La situation à Yirgou a connu une mauvaise gestion depuis le début des événements. Non seulement l’intervention des forces de sécurité s’est faite tardivement mais aussi, les mesures d’accompagnement annoncées par le gouvernement sont insuffisantes et incomplètes.

Pour les conférenciers du jour, la communauté peulh est celle qui subit le plus les affres du terrorisme que ça soit en mort d’hommes ou en tout autre difficulté économique et sociale. En dépit de tout cela, c’est cette même communauté qui est stigmatisée et étiquetée comme une communauté de terroriste. Le collectif qui regroupe en son sein 27 organisations de la société civile invite le gouvernement à s’assumer, en garantissant la sécurité des citoyens. A la justice, une interpellation est faite pour que celle-ci ouvre une enquête en vue d’identifier les coupables et les punir à la hauteur de leur forfait.

Daouda Diallo, responsable du collectif

Le collectif dit exiger par ailleurs « l’arrestation immédiate des kogleweogo criminels afin qu’ils soient jugés et sanctionnés ». Aussi, il exige la prise en charge gratuite des survivants qui sont au nombre de 1300 personnes et le désarmement de tous les kogleweogo qui détiennent illégalement des armes.

Le CISC entend par ailleurs organiser une marche de protestation contre l’impunité et la stigmatisation des communautés le samedi 12 janvier 2019 à Ouagadougou et à Dori. Le collectif entend ainsi « mettre la pression jusqu’à ce que justice soit rendue et les criminels punis à la hauteur de leur crime ».

Nourdine CONSEIBO
nconseibo@gmail.com

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