Meeting ADP : Carton rouge à Roch Marc Christian Kaboré

Pour crier leur ras-le-bol au gouvernement face aux problèmes qu’ils vivent au quotidien, des centaines de Burkinabè ont envahi le rond-point des arts dans les 1200 logements à Ouagadougou sur appel de l’Alliance pour la défense de la patrie (ADP). C’était dans la matinée du samedi 23 juin 2018.

On en a marre, le peuple en a marre. C’est le message que l’Alliance pour la défense de la patrie (ADP) a voulu faire passer en appelant les Burkinabè à se rassembler au rond-point des arts dans les 1200 logements ce samedi 23 juin 2018. Ils étaient en effet des centaines à avoir répondu à l’appel. Pour montrer donc le ras-le bol de la population, qui de mieux que le président de l’ADP, Abraham Badolo pour le faire ? Ses premiers mots aux hommes et femmes sortis pour manifester furent : « l’heure est grave ». Il justifie ses propos en s’appuyant sur de différents exemples. Les coupures d’eau et d’électricité peuvent servir le premier. A l’en croire en effet, le manque criard d’électricité et d’eau ont pour corolaire la morosité de l’économie nationale, l’incapacité des populations à exercer les activités rémunératrices de revenus à même de leur permettre d’assurer leurs besoins, etc. Il estime que cette situation est imputable au gouvernement actuel qui selon lui, est en manque de vision et incapable de mobiliser les ressources nécessaires pour pallier aux manques béats dans l’offre d’électricité et de l’eau.
Il est revenu sur l’achat des véhicules V8 et Talismans par le gouvernement au profit des ministres et des gouverneurs. Il fustige cette attitude de l’exécutif qu’il juge aberrante, dans un pays où l’insécurité alimentaire touche près de deux millions d’habitants selon ses mots. Abraham Badolo va plus loin, en accusant le gouvernement d’être engagé dans une vaste campagne d’opposition des travailleurs et des filles et fils du pays. « Le divisé pour mieux régner est devenu le socle de la gouvernance du pouvoir en place » a-t-il soutenu. Il accuse également le pouvoir en place de remettre en cause les libertés démocratiques et syndicales acquises à travers de longues luttes et parfois au prix du sang. A titre d’exemple, le président de l’ADP, rappelle l’incarcération à la Maison d’arrêt et de correction de Ouagadougou (MACO), de l’activiste Naïm Touré qui selon lui, a été jeté dans les geôles par les pouvoir en place pour la simple raison d’avoir refusé de garder le silence sur les dérives et manquements graves dans la gestion actuelle du pays. Pour sa part, il a au nom de l’alliance qu’il dirige, exigé que l’activiste soit relaxé sans délai.

Carton rouge pour Rock Marc Christian Kaboré

Pour des questions de solidarité, des leaders d’OSC tels que Siaka Coulibaly, Marcel Tankouano, Safiatou Lopez, etc. étaient présents au meeting pour soutenir Abraham Badolo. Deux leaders en l’occurrence, Siaka Coulibaly et Safiatou Lopez se sont adressés à la foule. L’intervention de la seconde va retenir plus l’attention du public. Comme on pouvait s’y attendre, elle n’a pas été tendre avec le pouvoir en place. En effet, elle accuse le régime actuel de bâillonner le peuple burkinabè et d’utiliser la justice pour des règlements personnels. Tout comme Abraham Badolo, la présidente de l’APDC, pense que la politique du régime actuel est de diviser pour mieux régner. Estimant que le navire MPP a pris de l’eau et que s’il ne prend garde, il va couler, « la dame de fer » comme certains l’appellent a confié que ce qu’elle sent, ce qu’elle entend, ce qu’elle voit, ne la rassure pas. C’est la raison pour laquelle, elle a appelé à un sursaut patriotique. Elle a rappelé : « quand nous décidons de nous lever, n’importe quel pouvoir s’accroupit ; Roch Marc Christian Kaboré est actuellement accroupit ». Selon donc ses dires, le président du Faso, Roch Marc Christian Kaboré a échoué sur tous les plans. Pour sanctionner cet échec, Safiatou Lopez n’a pas hésité à lui donner un carton rouge pour sa gestion calamiteuse du pouvoir a-t-elle déclaré. Elle martèle, « L’homme sensé être la solution est devenue le calvaire » avant de conclure : « honte au MPP, sa gestion est nul ».

Thierry AGBODJAN

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