Problématique de la réconciliation nationale : Des recommandations faites au HCRUN pour réussir sa mission

Au cours des journées de consultation nationale organisée par le Haut Conseil pour la Réconciliation et l’Unité Nationale (HCRUN) les 23, 24, 29 et 30 novembre 2017 à Ouagadougou avec les Forces vives de la nation sur le thème : « Le principe, le sens et les voies et moyens pour parvenir à la réconciliation nationale », des recommandations ont été faites au HRCUN en vue de faciliter sa mission dans la « restructuration de la calebasse fissurée », symbole de la cohésion sociale et de la réconciliation pour un développement économique et social durable.

C’est une rencontre qui a permis aux participants que sont les chefs coutumiers et les responsables religieux, les membres du HRCUN, les parents des victimes ou les associations des blessés, les forces de défense et de sécurité (FDS), etc. de mieux cerner les différents moyens à employer pour aboutir à l’apaisement des cœurs, au pardon et à la réconciliation en passant par la vérité et la justice.

Pendant les quatre (4) jours, les membres du HCRUN et les Forces vives de la nation ont axé leur discussion sur les « principes », le « sens », et les « moyens » pour abouti à une réconciliation nationale. A la clôture de la rencontre le 30 novembre 2017, le président du HCRUN, Léandre BASSOLE a fait savoir que l’ensemble des rapports issus de ces concertations permettront de « diligenter plus sereinement une approche nationale de la réconciliation », telle que souhaitée par les premiers responsables du pays et attendue par les citoyens burkinabè.

A l’issue de cette concertation, la « problématique de la réconciliation (…) se trouve désormais mieux cernée et collectivement appréciée », selon lui. Dans ce sens, Nébon Bamouni, Porte-parole des associations des parents des victimes a indiqué que la réconciliation est la résultante d’une vérité et d’une justice acquise au préalable. Ainsi, par sa voix, les associations des parents des victimes et des blessés souhaitent, pour une réconciliation nationale, la réforme de la justice pour aboutir à « une justice qui prend en compte les aspirations du peuple ».

Les participants à ces journées de concertation ont souhaité que toute population burkinabè puisse accepter sa position. « Chacun doit reconnaitre son tort et demander pardon. La victime doit aussi accepter sa position de victime pour tendre la main à celui qui lui aurait causé du tort », a soutenu Nébon Bamouni. Il a également souhaité que les autorités actuelles puissent se tourner vers le HCRUN en lui dotant de moyens conséquents pour la réussite de sa « noble » mission.

Les associations des victimes ont également souhaité que toutes les forces vives et toutes les ethnies soient associées dans le processus de la réconciliation nationale et que l’on prenne en compte les recommandations qui ont été faites par le collège des sages. Elles ont aussi souhaité un accompagnement sérieux des blessés et leur insertion socio-professionnelle et une association de toutes les personnes que l’on pense être des représentants des victimes, de 1960 à nos jours, au processus de réconciliation nationale.

Ils ont également, par la voix de leur porte-parole, exigé que les discours politiques soient « assainis », parce qu’à l’écouter, pendant que certaines personnes s’activent à parler de la réconciliation et à poser des actes allant dans ce sens, des hommes politiques tiennent des discours qui « insultent » la mémoire des victimes et qui narguent les blessés.

A la clôture de ces rencontres, Aïcha Ouédraogo/Zampalégré, deuxième Vice-présidente du HRCUN, dans son intervention, a souhaité que les fruits des réflexions menées durant ces 4 jours puissent conduire à la « restructuration de notre calebasse fissurée », qui selon elle, est un symbole de réconciliation pour un développement économique et social durable.

Alida TOURE

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