Procès putsch manqué : Qui finalement à bombarder Abazon et détruit la radio Laafi ?

Attentat à la sûreté de l’Etat ; meurtre, coups et blessures ; dégradation volontaire aggravée de biens, sont les charges qui pèsent contre le caporal Hamidou Drabo pour son implication dans le dossier du coup d’Etat manqué du 16 septembre 2015. A la barre le mercredi 18 juillet 2018, il a plaidé non coupable. Il faut rappeler que l’interrogatoire du soldat de 2e classe Soulama Seydou s’est poursuivi hier. Accusé par certains de ses frères d’armes d’être l’auteur du tir de roquette sur le studio Abazon il va nier le fait. Le caporal Hamidou Drabo fera de même. D’autres avant eux ont reconnu s’être rendu audit studio et à la radio Laafi de Zorgho mais aucun n’a reconnu avoir posé un acte criminel en ces lieux. Qui sont les auteurs alors ?

Né en 1988 à Bobo Dioulasso, le caporal Hamidou Drabo déjà condamné à 10 ans de prison pour son rôle dans l’attaque de Yimdi est de nouveau face à la justice. Poursuivit par le Tribunal militaire pour son implication dans le putsch du 16 septembre 2015, il a été appelé à la barre pour répondre des faits d’attentat à la sûreté de l’Etat ; de meurtre, de coups et blessures ; de dégradation volontaire aggravée de biens. Il a plaidé non coupable. Pour sa défense, l’accusé a confié qu’il a été appelé le 17 septembre 2015 par le sergent-chef Roger Koussoubé qui lui a passé le sergent Djerma. Il explique que ce dernier lui a demandé de savoir pourquoi il n’était pas venu au camp, pourtant consigné. A l’en croire, il s’est donc rendu au camp à la suite de l’appel téléphonique. A son arrivée, il s’est rendu compte qu’il a été intégré dans le groupe du sergent-chef Laoko Mohamed Zerbo. S’il a indiqué n’avoir pas mis les pieds au palais présidentiel durant les évènements, il va reconnaitre s’être rendu au studio Abazon. Il explique que sa mission audit studio a consisté à assurer un périmètre de sécurité. Toujours concernant ses missions, le caporal Hamidou Drabo, a confirmé qu’il a également reçu pour mission d’enlever les barricades sur les voies lors des sorties selon ses termes. Il va rappeler qu’une autre mission qui lui a été confiée est le maintien d’ordre. A la question du parquet de savoir en quoi consiste le maintien d’ordre, il répond : « moi je ne suis qu’un subordonné, je ne cherche pas à discuter les ordres d’un chef. Ce qu’il me dit de faire, je le fais ».
Il faut rappeler qu’au cours de son interrogatoire, le caporal Hamidou Drabo a nié l’ensemble des faits qui lui sont reprochés, à travers des explications qui n’ont visiblement pas convaincu le parquet militaire. Ce dernier va lui poser des questions en se basant sur les déclarations faites par l’accusé lors de ses auditions devant le juge d’instruction et qui sont consignées dans des procès-verbaux, afin de prouver sa culpabilité. Le conseil du prévenu Me Roger Seydou Nyamba va voler à son secours en s’adressant au président du Tribunal en ces termes : « Monsieur le président, j’observe qu’en dehors des procès-verbaux de comparution, le parquet n’a aucune preuve pour incriminer mon client ». Sûr de lui, il a invité le parquet militaire à chercher d’autres preuves.

Le soldat de 2e classe Soulama Seydou

L’interrogatoire du soldat de 2e classe Soulama Seydou s’est poursuivi ce mercredi 18 juillet 2018. Il a continué de nier les faits qui lui sont reprochés et même des déclarations faites par certains de ses frères d’arme qui pourraient le nuire. C’est l’exemple du sergent-chef Ali Sanou qui l’avait accusé devant le juge d’instruction d’être celui qui a tiré la roquette sur le studio Abazon, sur ordre du sergent-chef Laoko Mohamed Zerbo. Il est catégorique « je n’ai jamais tiré une roquette sur ordre de qui que ce soit ». Pour qu’on le croit, il a soutenu que s’il l’avait fait, il allait le dire ; car cela ne lui coûtait rien, a-t-il souligné. Il va poursuivre : «je ne devrais pas être ici ». Estimant que le prévenu ne dit pas la vérité, le procureur militaire, Alioun Zanré va faire cette déclaration : « nous constatons que vous êtes dans une logique de dénégation et c’est notre droit de vous le dire ». Il faut rappeler que certains accusés avant lui ont reconnu s’être rendus au studio en question et ont tous nié être l’auteur des tirs destructeurs. C’est de même pour la radio Laafi de Zorgho incendiée où aucun des accusés déjà passés à la barre, n’a reconnu sa responsabilité.
Un troisième accusé a été appelé à la barre ce mercredi 18 juillet 2018. Il s’agit en effet de l’adjudant Michel Birba. Accusé de complicité d’attentat ; de meurtre et de coups et blessures, il ne va pas reconnaitre les faits qui lui sont reprochés.
Il aura donc l’occasion de s’expliquer le vendredi 20 juillet 2018, date à laquelle le procès reprendra, toujours à 9 heures.

Thierry AGBODJAN

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *