Réinsertion socioprofessionnelle : 150 détenus formés au métier du BTP

Faciliter une réinsertion sociale des détenus dans la société dès leur sortie, c’est l’objectif visé à travers la formation en génie civil bâtiment et travaux publics (BTP), organisé au profit des jeunes détenus de la Maison d’arrêt et de correction de Ouagadougou (MACO). La cérémonie officielle de lancement de ladite formation placée sous le patronage du ministre de la Justice, des Droits et de la Promotion civique, Garde des Sceaux et la présidence du ministre de la Jeunesse, de la formation et de l’insertion professionnelles s’est déroulée ce mardi 21 février 2017 à la MACO.

Au total cent-cinquante jeunes détenus à la Maison d’arrêt et de correction de Ouagadougou (MACO) seront formés en génie civil Bâtiment et travaux publics (BTP). Selon le vice-directeur de la MACO, inspecteur Tiéné Bavrou les critères de sélection des détenus en partance pour la formation sont : les détenus qui ont un niveau 4e et faisant preuve d’une bonne discipline dans la prison et ceux qui sont à un pas de libération. Il a aussi ajouté que l’âge est compris entre dix-huit et trente ans. La durée de la formation est de neuf mois à l’issue de laquelle une attestation de fin de formation sera remise à chaque détenu, a souligné le directeur de l’Institut Supérieur de l’Eau, du bâtiment et de l’Energie, Monsieur Kabore. Il a également souligné que la formation se déroulera dans l’enceinte de la MACO et les détenus seront répartis en trois groupes de cinquante (50) pour faciliter le cours théoriques et pratiques.
L’objectif visé par cette formation est de redonner les rudiments nécessaires aux jeunes détenus afin qu’ils soient compétitifs sur le marché de l’emploi et apte à s’auto-employer. A indiqué le chef de la MACO avant d’ajouter que cette formation non seulement favorisera leur insertion socio-professionnelle et partant, lutter contre la récidive mais surtout de réduire la délinquance. Prenant, la porale lors de la cérémonie, le représentant du ministre de la justice, Yogo Geofroy, a encourager l’initiative de cette formation tout en soulignant que cette formation en BTP est considérée comme l’un des moyens de favoriser la réinsertion et l’acquisition des compétences qui aiderons les détenus à se construire une vie meilleure après leurs libération.
Les bénéficiaires de cette formation n’ont pas manqué des mots pour remercier les autorités et les initiateurs de ce projet. Ainsi, la représentante des bénéficiaire dont l’identité nous a été formellement interdit de publier a affirmé : « nous sommes heureux, et nous disons merci aux autorités pour l’occasion qu’elles nous offrent d’apprendre les métiers du BTP, car cela n’arrive pas tous les temps, parce que le plus souvent nous sommes les laissés pour compte, les oubliés. Nous remercions également toutes les personnes qui nous soutiennent moralement, matériellement et financièrement ». Cependant, les détenus n’ont non plus manqué de doléances a porté aux autorités. Sur ceux, ils ont souhaité qu’après cette formation, qu’il ait un suivi-évaluation des apprenants pour de meilleurs rendements. Ils ont souhaité également qu’à la fin de cette formation, qu’ils aient un appui financier afin de pouvoir s’installer à leur propre compte, car toujours selon eux, après la prison le monde extérieur devient un monde particulier pour ne pas dire « agressif ». Et l’adaptation n’est toujours pas facile, a-t-elle conclu.
En rappel, le Fond d’appui à la formation professionnelle et à l’apprentissage est l’un des instruments de mise en œuvre de la politique gouvernementale en matière de formation professionnelle et fonde son action dans la politique Nationale d’enseignement et de formation technique et professionnelle (PN-EFTP). Il est placé sous la tutelle technique du ministère de la Jeunesse, de la Formation et de l’Insertion professionnelle (MJFIP) et la tutelle financière du ministère de l’Economie, des Finances et du Développement qui par ailleurs a financé ce projet de formation à hauteur de 123 650 000 FCFA au profit de 300 jeunes dont la MACO a bénéficié de la moitié. Les bénéficiaires de la formation sont non seulement les détenus de la MACO mais également d’autres jeunes burkinabé qui seront connus dans les jours à venir.

Par  Théo KABSON

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