Un drone chez Safiatou Lopez

Cher cousin, tu as sans doute appris que Safiatou Lopez a de nouveau maille à partir avec les autorités.

Tu te rappelles  ses démêlées avec le service régional de la police judiciaire à Wemtenga en juillet 2016 et les ennuis judiciaires subséquents de celle qui voulait « dégonfler certains juges gonflés» ou encore les bisbilles entre la passionaria de la société dite civile et le journaliste Idrissa Nogo. Récemment, elle a aussi été condamnée en même temps qu’un autre activiste, Hervé Ouattara, dans l’affaire de pédophilie impliquant un expatrié. Cette fois, les choses semblent plus sérieuses. La gendarmerie a en effet débarqué chez elle mercredi en fin de journée, à grand renfort, me dit-on, d’un drone, ces avions (petits ou grands) sans pilotes pour voir ce qui se passait dans la résidence.

Je me suis donc dit que ça ne pouvait pas être pour des broutilles, car par ces temps qui courent, ces appareils ont certainement mieux à faire dans l’Est du Burkina ou au Sahel que de survoler le toit de Dame Lopez. Il semble d’ailleurs, cher cousin, que la maréchaussée est d’abord arrivée sans mandat pour la perquisition. Je me suis donc renseigné auprès d’une source judiciaire pour savoir si c’était normal et de ce qu’on m’a dit il ressort que c’est uniquement pour des raisons liées au terrorisme ou en cas de flagrance que c’est possible. Alors question : de quoi accuse-t-on la présidente d’honneur du Cadre de concertation nationale des organisations de la société civile (CCNOSC) pour la détenir au camp de gendarmerie de Paspanga ? En tout cas,  en l’absence d’information officielle, les spéculations  allaient bon train.

Car, comme c’est souvent le cas, l’autorité judicaire ou politique ne communique pas rapidement. Or quand il s’agit d’une personnalité à l’image de madame Lopez – puisqu’elle l’est quoi qu’on puisse penser d’elle-, il vaut mieux rapidement situer l’opinion pour éviter que la désinformation et l’intox s’installent. Car si de fortes présomptions pèsent sur elle ou même carrément des preuves irréfutables, il n’y a pas de raison que la rigueur de la loi ne s’abatte pas, comme sur n’importe quel justiciable. En attendant donc que les « sources autorisées » daignent sortir de leur mutisme, on suspecterait l’incriminée de menées pour libérer des détenus de la Maison d’arrêt et de correction des armées. Car même son avocat, Me Silvère Kiemtaremboumbou, ne savait toujours pas jusqu’à hier ce qu’on reprochait exactement à sa cliente.  Affaire à suivre donc.

L’Observateur Paalga

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