Assassinat de Sankara : « Vous ne pouvez pas dire à bas la corruption et être vous-même corrompu jusqu’à la moelle» Justin Somé

Le parti des Progressistes Unis pour le Renouveau (PUR) a donné une conférence de presse ce samedi 13 octobre 2018 pour commémorer les 31 ans de l’assassinat de l’ancien président burkinabè Thomas Sankara. Pour le président du parti, il faut garder une certaine logique car, on ne peut pas crier à bas la corruption et être soi-même corrompu.

Le 15 octobre 1987, un commando prenait d’assaut une réunion au Conseil de l’Entente tuant ainsi quasiment tous les participants y compris Thomas Sankara alors président du Burkina Faso. Le PUR se remémore ce souvenir douloureux et entend donner de la voix pour perpétuer l’œuvre et l’action de cet homme politique hors du commun.

Le PUR appelle à boucler le dossier Thomas Sankara.

C’est par la voix de son président Justin Somé que le parti des progressistes s’est adressé à la presse. Le président précise à cet effet que 31 ans après la mort de Sankara, justice n’est toujours pas rendue. Le parti dit pour ce faire « appeler et insister sur la nécessaire urgence de boucler le dossier Thomas Sankara».  

De ce qu’il en est du PUR

Il faut retenir que le PUR est un jeune parti bâtis sur les idéaux de Thomas Sankara. Ses responsables affirment dans ce sens que c’est un parti « patriotique qui entend se positionner et inscrire ses actions au-delà des clivages traditionnels à visés purement politique». Il reste pour le premier responsable que quand on se revendique être à la défense des idéaux de Sankara, il faut garder une certaine logique, «vous ne pouvez pas dire à bas la corruption et être vous-même corrompu jusqu’à à la moelle» poursuit- il.

Le parti dit se fonder sur les valeurs du sankarisme à savoir, «la vérité, l’amour du peuple le travail véritable, le don de soi, la probité et la recevabilité». C’est pourquoi, affirment les responsables progressistes le Ni Ni comme positionnement politique. On comprendra que le parti n’est ni affilié à la majorité présidentielle, ni au Chef de File de l’Opposition Politique (CFOP).

Le PUR pour un renouvellement de la classe politique.

Le parti pose le renouvellement de la classe politique burkinabè comme une nécessité impérieuse. Les progressistes affirment d’entrée de jeu qu’au Burkina Faso et en Afrique, on assiste à une « fraude démocratique» en ce sens que la politique dans ces zones n’est pas le reflet du principe premier de la démocratie « le pouvoir du peuple par le peuple et pour le peuple». Les progressistes restent fermes, le renouvellement de la classe politique est la «solution à ce nœud gordien qui semble inextricable au premier abord». Pour l’avènement et la «formation d’une nouvelle génération de leaders qui permettra une meilleure contribution de tous dont la diaspora au développement du Burkina Faso et de l’Afrique».

Les progressistes à propos de la vie de la nation.

Les responsables du parti n’entendent pas rester en marge de la vie politique du pays. C’est un parti qui compte participer activement au débat politique dans le respect de ses principes. Pour le président Justin Somé, «le PUR n’entend nullement se taire et rester impassible face à certains manquements et absences du pouvoir en place», « il n’entend pas non plus s’aligner béatement dernière une opposition qui a du mal à concilier certaines contradictions internes et des velléités en lesquelles le PUR ne saurait se reconnaître».

Les progressistes se sentent étranger aux débats sur le nouveau code électoral, sur l’adoption de la nouvelle constitution et les questions de sécurité.

Le parti ne manque pas de qualifier ces débats de « combats électoraux de tranchées, de débats indignes qui cachent mal souvent les jalons posés pour cette course effréné vers 2020 reléguant ainsi au second plan les débats de fonds, de réalisme et de solidarité nécessaire dans ces moments difficiles pour la nation». Le parti dit se désolidariser complètement de ces «débats indignes» tout en restant fidèle à son crédo qui consiste à « tracer sa propre voie, son propre sillon loin des caricatures qui définissent aujourd’hui la politique burkinabè».

Le PUR est solidaire avec les Forces de défense et de sécurité.

Le parti lance un appel patriotique à tous ses militants et à l’ensemble des burkinabè à la «vigilance face aux forces du mal qui endeuillent la nation depuis quelques temps». Aussi les progressistes invitent chacun à accompagner courageusement les FDS avec des informations pouvant permettre de contrer le phénomène du terrorisme.

 

Nourdine CONSEIBO

nconseibo@gmail.com

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