Communication en période de crise : des journalistes à l’école du CGD

Le Centre pour la Gouvernance Démocratique (CGD) a initié le samedi 09 juin dernier ici à Ouagadougou une session de formation au profit des journalistes sur les grands principes de la communication en période de crise. Où se situer et quelle terminologie employer pour mieux informer les populations, c’est donc sur ces problématiques qu’a eu lieu cette session de formation au cours de laquelle les journalistes n’ont pas manquer de poser bien de questions au formateur.

 

 

Pour le communicateur du jour lorsque la crise survient, le journaliste n’est plus seulement un témoin mais surtout un acteur.

En devenant acteur, il faut qu’il se forme davantage pour ne pas induire son public en erreur parce que les enjeux deviennent très conflictuelle, les points de vue deviennent de plus en plus corsés et pour arbitrer, le journaliste a beaucoup de difficultés parce que lui-même il fait partie de la société, a déclaré Pr Serge Théophile Balima, formateur.

Surtout quand on parle de terrorisme ou de djihadisme, il est lui-même soit directement soit indirectement concerné.

Le journaliste doit surtout être neutre dans le traitement d’une crise pour éviter d’être manipulé, a déclaré le professeur Serge Theophile Balima

En période de crise, une source d’information n’est jamais neutre. La source qui informe est une source qui calcule. C’est une source qui vise un objectif et qui veut utiliser le journaliste pour parvenir à ses fins, donc ce dernier doit rester vigilant. La presse imprime une sorte de dictature sémantique c’est-à-dire une dictature linguistique en utilisant des mots formatant les esprits parce que lorsque vous traitez quelqu’un de terroriste évidemment vous suggérez une connotation négative alors que peut être la personne se définit comme un résistant par exemple si vous prenez le cas des palestiniens qui s’opposent à la violence israélienne, ils se prennent pour des résistants et les israéliens les prennent pour des terroristes donc les concepts ne sont pas neutres en période de crise. Si vous dites de quelqu’un qu’il est djihadiste c’est-à-dire que lui, il aime bien qu’on dise qu’il est djihadiste mais, si vous caractérisez un djihadiste de terroriste vous rabaisser lui-même, son action et l’objectif qu’il poursuit, a expliqué le formateur Balima.

Au regard de la situation que vit le Burkina Faso, il était nécessaire et important d’initier ce genre de session, a aussi dit Simon Pierre Douamba, chargé de suivi et évaluation au CGD.

Il y a un besoin qui se fait sentir parce qu’on ne peut pas dire que nous sommes en periode de crise mais, il y a cas même des tensions. Comment le journaliste doit-il se comporter ? Quel traitement diligent de ces questions pour que le journaliste ne soit pas un partisan dans ce traitement, a soutenu le chargé de suivi et évaluation au CGD

Rappelons que ce programme est soutenu par la Suède et le Danemark qui sont des partenaires techniques et financiers du CGD dans ce programme.

Dieudonné LANKOANDE

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *