Dossiers de l’insurrection populaire et du putsch manqué : les autorités judiciaires donnent de la voix

 

De l’affaire Thomas Sankara au coup d’état manqué de septembre dernier en passant par l’insurrection populaire des informations sur l’état du traitement des dossiers ont été partagé avec les journalistes par le procureur du Faso près le tribunal de grande instance de Ouagadougou et du commissaire du gouvernement près le tribunal militaire. Concernant l’insurrection populaire, l’ancien Premier Yacouba Isaac Zida a été cité comme celui qui dirigeait les opérations.

Le commissaire du gouvernement et le procureur du Faso assis côte-à-côte, deux personnes en charge de deux dossiers de justice très attendus. Les affaires de l’insurrection populaire des 30 et 31 octobre 2014 et du putsch manqué de 2015. Maiza Sérémé, procureur du Faso en charge du dossier de l’insurrection populaire affirme que l’instruction a connu un avancement malgré les difficultés. Avec le rapport de la commission d’enquête, le parquet a reçu beaucoup plus d’éléments d’informations et surtout les noms des responsables, des chefs, des auteurs, des co-auteurs, des complices, des commanditaires.  Il y a des personnes qui sont identifiées comme pouvant être inculpées et je puis vous assurez que les juges le feront, déclare Maiza Sérémé. De quelles personnes identifiées parle le procureur du Faso ? L’ancien Premier ministre Yacouba Isaac Zida en ferait-il parti ? Une question légitimé par Maiza Sérémé à son sujet : « avec le rapport d’enquête de la commission qui nous a été transmis, et qui situe les responsabilités des uns et des autres, il faut dire que par rapport au général Zida, lors des événements des 30 et 31 octobre, il était le chef des opérations du régiment de sécurité présidentiel. C’est dire que c’est celui qui menait les opérations, c’est lui qui était le chef de corps adjoint et qui donnait des instructions au RSP. A partir du 2 novembre dernier où il y a eu encore des tueries et des blessés le général Zida était le chef de l’Etat ». Selon le parquet, le juge d’instruction au cours de l’instruction avait lancé une convocation pour entendre le général Zida dans la procédure et celui-ci n’a pas répondu. Maiza Sérémé continue en disant que le juge d’instruction avait adressé un courrier au ministre de la défense afin que le général Zida reçoive cette convocation et puisse répondre devant la justice mais jusqu’à nos jours cela n’a pas été fait.

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L’autre dossier de justice brûlant du moment concerne le putsch manqué de septembre 2015. Là aussi selon le commissaire du gouvernement, il y a eu de nouvelles inculpations Alioun Zanré : « en ce qui concerne le deuxième dossier ministère public contre le général Gilbert Diendéré et 84 autres personnes et non plus 76 puisque que le dossier a connu une grande évolution, 85 personnes ont été inculpées à la date d’aujourd’hui, 39 sont en détention préventive, 12 sont non détenus, 34 sont en liberté provisoire, 10 sont en fuite et font l’objet donc de mandat d’arrêt international ». Le début des procès concernant cette affaire serait retardée par un recours introduit par les avocats du général Djibril Bassolet au sujet des écoutes téléphoniques. Ils ont demandé que le juge d’instruction écarte cette pièce de la pièce de la procédure au motif pris que cette pièce a été obtenu frauduleusement et qu’il y avait donc violation de la vie privé de leur client, affirme Alioun Zanré. La chambre de contrôle elle, avait refusé leur argumentaire en déclarant leur requête irrecevable. Les avocats se sont pourvus en cassation, c’est naturellement de cela que nous parlons, a-t-il ajouté. Lorsque la cour de cassation rendra sa décision sur cet aspect, le juge pourra transférer le dossier au parquet du tribunal militaire. Notons qu’aucune date précise n’a été donnée pour le début des procès de ces affaires. D’autres instructions en cours ont également été abordées au cours de ce point de presse. Il s’agit de l’affaire assassinat de Thomas Sankara et de celle dite ministère public contre Ouedraogo Madi et ministère public contre le sergent Sanou.

Dieudonné LANKOANDE

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