Lutte contre le terrorisme : Des commerçants et des ouvriers exigent la libération de Djibrill Bassolé et Gilbert Diendéré

Le Collectif des associations des commerçants et ouvriers du Kadiogo (CACOK) a animé un point de presse le mardi 19 septembre 2017 à Ouagadougou. Tout en accusant le régime actuel d’être le responsable de la situation sécuritaire et économique du pays qu’il juge « chaotique », il a exigé la libération des généraux Djibrill Bassolé et Gilbert Diendéré pour l’intérêt national.

« Le Burkina Faso qui était jadis un bonheur paradisiaque se transforme au jour le jour en un enfer ». Cette déclaration est du secrétaire général, porte-parole du Collectif des associations des commerçants et ouvriers du Kadiogo (CACOK), Ousmane Baguian. Il l’a faite ce mardi 19 septembre 2017 lors du point de presse qu’il a animé. Il s’agit d’une rencontre avec les hommes de médias, au cours de laquelle, il a presque qualifié de chaotique la situation sécuritaire et économique que vit actuellement le Burkina Faso. Ses premiers mots furent : « le Burkina Faso va mal ». A travers cette phrase, il a pointé du doigt les attaques terroristes qui selon lui se multiplient au jour le jour et ce jusqu’au cœur de la capitale Burkinabè. Si les forces du mal arrivent à endeuiller les fils et filles du Burkina Faso, c’est parce qu’il y une défaillance quelque part. Point besoin de chercher loin, le Collectif des associations des commerçants et ouvriers du Kadiogo a trouvé le bouc émissaire, c’est le pouvoir en place. A travers son porte-parole, il accuse le régime actuel d’être incapable d’organiser la riposte contre les attaques récurrentes du territoire national. Il estime qu’il a failli à sa responsabilité d’assurer la sécurité des burkinabè et de leurs biens ; et même qu’il n’est pas en mesure d’apporter des solutions franches et pérennes à la lutte contre le terrorisme. Comme si cela ne suffisait pas, les petits commerçants aujourd’hui souffrent du manque de soutien de l’Etat qui autre fois leur octroyait des crédits et autres formes de soutien a-t-il souligné. Le secrétaire général renchérit en confiant qu’aujourd’hui l’accès des petits commerçants aux marchés de l’Etat devient de plus en plu rare à tel point que ces derniers pensent que la porte leur a été simplement fermée. La conséquence de cette situation selon Ousmane Baguian est qu’en plus la vie des Burkinabè en danger, l’économie nationale est aussi plombée et les affaires des commerçants ne marchent pas.
Si le responsable de cette situation n’est autre que le pouvoir en place, il semble qu’il n’est pas le seul et que la Transition également a sa part de responsabilité. Ses mots : « tous nos problèmes parlant de la sécurité comme de l’économie, ont commencé sous la Transition et ont été entretenus par le régime actuel » du SG, illustrent parfaitement nos propos. Il accuse en effet cette dernière d’avoir divisé le peuple burkinabè à travers l’exclusion lors des élections. Pour remédier à cette situation, le collectif pense que l’exécutif burkinabè doit prendre ses responsabilités et des décisions fortes et courageuses pour que les populations puissent vivre dans la paix et la sérénité. Ces décisions fortes et courageuses se résument visiblement à la libération des généraux tels que : Djibrill Bassolé et Gilbert Diendéré. Il a également invité les autorités burkinabè à un consensus national, une réconciliation nationale véritable.

Djibrill Bassolé et Gilbert Diendéré les hommes forts du collectif

Comme on peut le constater, le CACOK n’a pas du tout ménagé le régime actuel. Il sera critique envers lui du début du point de presse jusqu’à la fin. C’est d’ailleurs sur cette dynamique, qu’il accuse toujours la majorité d’une politisation du dossier du putsch du 16 septembre 2015 ; qui selon son secrétaire général, est utilisée par la justice militaire et même elle comme une arme de déstabilisation de l’ancien régime et de mise à l’écart des adversaires politiques comme Djibrill Bassolé. Il estime que pour l’intérêt national, il y a eu lieu de mettre fin à ce qu’il qualifie de justice au service des plus forts du moment. C’est donc sans passer par quatre chemins, que Ousmane Baguian a exigé la libration immédiate de l’ancien chef d’Etat major de la gendarmerie le général Djibrill Bassolé qui selon lui est en prison à cause de la justice politisée. Il ne s’est pas arrêté là. Il a également demandé la libération du général Gilbert Diendéré après jugement et pardon. Il estime que c’est important car sa libération va profiter à toute la Nation, « parce que c’est un espoir pour le retour de la sécurité au Burkina Faso » a-t-il soutenu. A l’en croire, « le maintenir en prison, c’est de choisir de protéger une minorité composée des très hautes autorités au détriment de l’ensemble du peuple burkinabè ». Conscient que sans jugement ses hommes forts n’ont aucune chance d’être libérés, les commerçants et ouvriers du Kadiogo regroupés en collectif, ont demandé le jugement immédiat du putsch du 16 septembre afin d’entamer rapidement le processus de justice et de réconciliation nationale, et surtout que des personnes utiles pour la Nation à l’image du général Gilbert Dindéré selon les mots du porte-parole ; puissent mettre au service de l’Etat, leur expertise afin de débarrasser le pays du terrorisme. Il est donc indiscutable pour le collectif des associations des commerçants et ouvriers du Kadiogo que c’est seulement la libération des deux généraux qui pourra permettre au Burkina Faso de retrouver la sérénité qui faisait sa fierté. Il déclare à cet effet : « dans la vie d’une Nation, il y a des moments où on doit choisir courageusement pour l’intérêt national de pardonner à ceux qui malgré le fait qu’ils ont failli sont toujours utiles pour la Nation ».

Thierry AGBODJAN

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